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1917 : Le Rond-Point Poicaré Et au pays de l’affaire Dreyfus

Francis Goumain

1917 n’est pas une date de l’histoire Occidentale, c’est ce qui la rend si difficile à identifier et à comprendre. Pour la plupart des Européens, 1917 est simplement une des quatre années de la grande guerre qui, elle, fait partie de l’histoire occidentale. Raymond Poincaré faisait la même erreur en qualifiant cette année de « trouble » alors que c’est plutôt une année troublante : pour la première fois depuis longtemps, une date de l’histoire mondiale ne coïncide pas avec l’histoire européenne. En fait, il faut se représenter cette année comme étant un carrefour où deux histoires se croisent. Disons même un rond-point qu’on baptisera « Poincaré », ne serait-ce qu’en en hommage aux poilus qui avaient ainsi nommé un de leurs rond-point à l’arrière de leur tranchée. Mais aussi, plus sérieusement, parce que le bureau de Poincaré, alors Président de la République, aura réellement été une sorte de rond-point : ses mémoires - 10 tomes de 400 pages environ - sont un observatoire privilégié dont nous tirons huit passages pour illustrer notre propos.

I - Panorama mondial - II - Et au pays de l’affaire Dreyfus
1917 : le Rond-point Poincaré
1917 n’est pas une date de l’histoire Occidentale, c’est ce qui la rend si difficile à identifier et à comprendre. Pour la plupart des Européens, 1917 est simplement une des quatre années de la grande guerre qui, elle, fait partie de l’histoire occidentale. Raymond Poincaré faisait la même erreur en qualifiant cette année de « trouble » alors que c’est plutôt une année troublante : pour la première fois depuis longtemps, une date de l’histoire mondiale ne coïncide pas avec l’histoire européenne. En fait, il faut se représenter cette année comme étant un carrefour où deux histoires se croisent. Disons même un rond-point qu’on baptisera « Poincaré », ne serait-ce qu’en en hommage aux poilus qui avaient ainsi nommé un de leurs rond-point à l’arrière de leur tranchée. Mais aussi, plus sérieusement, parce que le bureau de Poincaré, alors Président de la République, aura réellement été une sorte de rond-point : ses mémoires - 10 tomes de 400 pages environ - sont un observatoire privilégié dont nous tirons huit passages pour illustrer notre propos.
Panorama mondial
Mais pour quelle histoire cette année-là est-elle donc capitale ?
Dans son « L’Holocauste avant l’Holocauste », Don Heddesheimer parle de la communauté juive américaine cherchant à retarder l’entrée en guerre des USA aux côtés de la Triple-Entente à cause de la Russie tsariste responsable, selon elle, de pogromes et de persécutions. Il se trouve que les locuteurs français peuvent en trouver une preuve directe dans les mémoires de Raymond Poincaré. Dans le tome 8 consacré à l’année 1916, on trouve à la date du 15 mai 1916 la mention suivante :
« Victor Basch, que j’ai prié de passer à mon cabinet, me donne ses impressions d’Amérique. Il y a trouvé les Israélites très hostiles à la Russie mais favorable à la France ; il a réussi à pénétrer parmi eux ; il leur a fait des conférences ; il a acquis l’assurance que la maison Jacob Schiff consentirait à placer pour les Alliés un emprunt de 250 millions de dollars, si la Russie accordait quelques avantages aux Israélites ».
C’est une citation intégrale, les impressions d’Amérique se résument donc à ce que pense la communauté juive et en particulier son leader, Jacob Schiff justement, dont on apprend chez Don Heddesheimer qu’il a appelé, mais c’était en 1917, à « la fin de l’holocauste ».
Et on trouve encore chez Poincaré cette autre mention à la date du 8 juin 1916 :
« M. Edmond de Rothschild me parle des juifs de Russie. Il me dit qu’avant de s’intéresser à eux, il tient à sauvegarder l’alliance, mais il a remarqué que M.Protopopoff était tout disposé à améliorer leur sort et il voudrait que le gouvernement français, avec toute la prudence nécessaire, intervînt en leur faveur. J’insiste sur ce que cette intervention a de délicat. Je lui dis toutefois que j’amènerai la conversation sur ce sujet lorsque je reverrai M. Protopopoff, mais celui-ci n’est pas ministre ; il peut seulement le devenir »
Ainsi, sur les deux rives de l’Atlantique, à six mille kilomètres de distance, quasiment au même moment, c’est la même demande et ce, pour des coreligionnaires situés encore plus à l’est, à trois mille kilomètres : ils sont agissants sur un front de 9000 kilomètres. Or, curieusement, l’entrée en guerre des USA intervient après l’abdication de Nicolas II : 3 mars 1917 Nicolas II abdique, avril 1917 déclaration de guerre des USA à l’Allemagne, juin 1917 arrivée de Pershing en France et juillet 1917 débarquement de la première brigade US à Saint-Nazaire. Edmond de Rothschild peut être satisfait, c’est un coup double, un gouvernement hostile tombe (le régime tsariste) et la France et l’Angleterre doivent se rabattre vers un pays et un gouvernement sur lequel lui et les siens ont une influence notable : les USA.
Et ce Tsar, déjà affaibli par les Judéo-Banquiers, Jacob Schiff est aussi connu pour avoir financé le Japon contre les Russes en 1905, les Judéo-Bolcheviks ne vont pas tarder à s’en occuper. Voici les données essentielles du travail de l’Historien Mark Weber « Le rôle des juifs dans la révolution bolchevique » :
Le Conseil des commissaires du Peuple (le gouvernement soviétique) comptait 17 juifs pour sur un total de 22 membres, sur les 62 membres du Comité Central Exécutif il y en avait 41, la Commission Extraordinaire (Tcheka) en comptait 23 pour 36 membres.
Novembre 1917 (octobre pour les russes), révolution bolchevik. Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918 assassinat de Nicolas II et de sa famille. Weber rapporte une conversation de Trotski (Bronstein) avec Sverdlovsk (Iakov Solomon) dans lequel celui-ci affirme que c’est lui et Lénine qui ont pris la décision de l’assassinat du Tsar qui résidait alors à Ekaterinbourg. Le nom de cette ville deviendra Sverdlovsk, en l’honneur de l’assassin et du lieu de l’assassinat il faut croire.
Et ce n’est encore pas tout pour cette année 1917, il convient d’ajouter la déclaration de Balfour au sujet de la création d’un foyer national pour les juifs en Palestine. Le commentaire qu’en fait Benjamin Freedman est par contre un peu outré : il affirme que la confédération sioniste aurait approché l’Angleterre en 1916 à un moment où celle-ci était prête à jeter l’éponge et à accepter l’armistice et lui aurait proposé l’aide des USA en échange de la Palestine. Cela ne cadre pas vraiment, la déclaration de Balfour intervient en novembre 1917, à cette date, nous l’avons vu, l’Amérique était déjà en guerre contre l’Allemagne depuis 7 mois, en 1916 il y a eu la bataille de Verdun au cours de laquelle les Allemands ont perdu leurs illusions sur leur écrasante supériorité. Il y a aussi eu l’énorme bataille de la Somme menée par les anglais qui ont mis les Allemands sur la défensive et l’offensive victorieuse Russe en août 1916 contre les Germano-Austro-Hongrois. Cela dit, Churchill lui-même soutient la thèse d’un marchandage en 1917 d’une influence juive en faveur de l’intervention US en échange de la Palestine.
Panorama mondial assez impressionnant : renversement et assassinat du Tsar en Russie, négociation avec l’Empire Britannique au sujet de la Palestine et tractations réussies pour retarder l’intervention américaine en Europe tant que le Tsar était en place : à choisir, il faut reconnaître que cela ressemble plus à un complot mondial qu’à l’action des forces de la dialectique matérialiste de l’Histoire. On voit en tout cas une puissance assez exceptionnelle entrer en jeu et il convient donc de prendre au sérieux la déclaration de guerre en 1933 de la communauté juive à Hitler : elle débouchera sur une longue période de destruction de l’Europe et de ses peuples, destruction qui s’achève sous nos yeux.
Et au pays de l’affaire Dreyfus
Pour la France, on peut retenir que trente ans avant Nuremberg, la communauté juive était déjà sacralisée. Rothschild peut se permettre de rencontrer le Président de la République (contrairement aux catholiques), de s’immiscer dans la politique étrangère de la France en proposant de déstabiliser le régime de l’allié principal à l’heure où les Allemands étaient sur notre dernier fort à Verdun (Souville) sans s’attirer la moindre once de critique (contrairement aux propos anti tsariste des socialistes éreintés par Poincaré).
Détaillons tout cela et d’abord, pour continuer d’illustrer les bonnes relations de la République avec la communauté de Monsieur Rothschild, à la page du 10 février 1916 RP note :
« MM. Sée, ancien préfet, Israël Lévy, grand rabbin, Mouter, député de Lyon, membre de l’alliance israélite, me prient de me faire représenter à 4 heures au temple de la rue de la Victoire, à un office célébré en l’honneur des Israélites étrangers engagés comme volontaires et morts pour la France. Je promets de me faire représenter par un officier de ma mission militaire. »
Et à la page du 29 mai 2016 on trouve : « Troisième cérémonie pour les morts du Palais. Cette fois, au temple israélite rue de la Victoire. Je suis reçu par le grand rabbin de France et le grand rabbin de Paris, par Henri-Robert et Brunet, ancien bâtonnier à Bruxelles. Tout le consistoire israélite est là : Edmond de Rothschild, Raphaël-Georges Lévy, Neymark, Deutsch de la Meurthe, etc. Tout le palais aussi. Discours patriotique du grand rabbin de Paris. »
Rabbin avec deux « b » comme dans « abbé » mais là s’arrête la ressemblance entre israélites et catholiques car pour ce qui regarde les relations avec le gouvernement de la République, c’est beaucoup plus distant.
Ainsi, le 18 septembre 1914, suite à l’élection du nouveau Pape, Benoît XV, le cardinal Amette écrit une lettre à RP, le remercie de s’être fait représenter au service célébré à Notre-Dame pour le repos du Souverain Pontife défunt (RP ne s’était donc pas personnellement déplacé) et lui transmet un message du nouveau Pape, RP note (c’est nous qui soulignons en gras dans l’extrait ci-dessous et dans les deux suivants) :
« Il semblerait que, recevant ces deux lettres, je n’eusse qu’à y répondre aussi vite et aussi courtoisement que possible. Mais les Eglises sont légalement séparées de l’Etat ; nous avons, en outre, et sans, d’ailleurs, que ceci ne justifie cela, rompu toutes relations diplomatiques avec le Vatican. Correspondre avec le pape en dehors du gouvernement, ce serait, de la part d’un président, un de ces actes personnels qu’une partie de l’opinion républicaine, et la plus chatouilleuse peut-être, ne manquerait pas de trouver condamnable […]. »
Nous sommes alors juste une semaine après la bataille de la Marne, ce que RP appelle l’Union Sacrée….
5 janvier 1915 RP note : « Au même conseil de mardi 5 janvier, je communique aux ministres un télégramme que j’ai reçu la veille au soir et qui émane du Pape Benoît XV : « Confiant dans les sentiments de charité chrétienne dont Votre Excellence est animée, Nous la prions de vouloir bien rendre heureux le commencement de cette année par un acte de générosité souveraine en accueillant Notre proposition que les nations belligérantes échangent les prisonniers reconnus inaptes désormais au service militaire. Nous ne doutons pas que le chef de la noble et généreuse nation française voudra suivre l’exemple des autres souverains des nations belligérantes qui ont tous accédé à Notre proposition. » Le Saint-Siège et la République ne s’ignorent donc plus tout à fait et aucun des ministres ne s’oppose, cette fois, à ce que j’accuse réception du message Pontifical. Je télégraphie au Vatican […] »
Le « cette fois » est visiblement une référence à ce qui s’est passé le 18 septembre 1914.
Le 1 février 1915 on trouve encore cette note : « L’archevêque de Paris, qui depuis son départ pour le conclave m’avait fait annoncer par Jules Cambon son intention de me rendre visite, m’avait précisément demandé audience pour le lundi 1er février. Il est arrivé à l’Elysée tout habillé de pourpre et tenant à la main sa barrette. Depuis de longues années un archevêque de Paris n’avait plus, je crois, paru à la présidence. » Le contraste est saisissant, d’un côté la République néglige de recevoir les archevêques, de l’autre, nous avons vu qu’un envoyé spécial de la République aux USA faisait des pieds et des mains pour être admis à la cour du roi Jacob Schiff.
Pour finir, examinons comment des demandes assez similaires à celles de Rothschild mais n’émanant pas d’un membre de sa communauté sont reçues par RP.
Le 15 février 1915, Marcel Sembat, pourtant membre du gouvernement comme ministre des Travaux publics, part pour Londres pour assister à un congrès socialiste, voici un extrait des résolutions de ce congrès donné par RP : « Ils [les socialistes] protestent contre l’arrestation des membres de la Douma, contre la suppression des journaux socialistes russes et la condamnation de leurs rédacteurs en chef, contre l’oppression des Finlandais et juifs russes ». Décidément, tout le monde s’inquiète du sort des juifs de Russie, elle devait être notoirement terrible, mais Marcel Sembat n’est pas Rothschild et RP commente : « Ainsi, ingérence dans les affaires des pays alliés, […] condamnation publique d’un gouvernement allié, voilà comment le Congrès de Londres a jugé bon, devant l’ennemi, de favoriser l’action militaire de la Triple-Entente ».
Décidément, l’année 1917 n’aura pas été perdue pour tout le monde, et, d’une manière générale, cette guerre de 14 -18 aura été bien exploitée par certains. D’après Kevin MacDonald dans son « Le Néoconservatisme : un mouvement juif » Les phénomènes politico-culturels juifs du XXe siècle se caractérisent, par : l’ethnocentrisme, l’intelligence manœuvrière, l’hyperactivité et l’agressivité. C’est déjà ce qu’on voit lors de la première guerre mondiale, laquelle, bien entendu, n’aura été qu’une première étape.


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