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À l’Ouest, du nouveau : Le vent de folie redouble dans la presse

Paul Craig Roberts







    La prochaine rencontre au sommet entre Trump et Poutine est desservie par l’image dingue de la Russie que peignent les journalistes de la pressetituée. Jonathan Chait, Amy Knight, Max Bergmann, Iaroslav Trofimov, Roger Cohen et le reste des conscients ou de facto agents de la CIA qui constituent la pressetituée occidentale, font de Poutine un surhomme qui oriente les résultats électoraux dans l'Occident entier, assassine les gens sans rime ni la raison, et mène le président Trump par le bout du nez en lui faisant miroiter des choses. Pourrait-on imaginer théorie du complot plus inouïe ?



    Jonathan Chait, dans New York Magazine, écrit que « les fissures sombres du scandale russe sont toujours profondes, » si profondes qu'il « serait dangereux de ne pas considérer la possibilité que le sommet soit moins une négociation entre deux chefs d'État qu'une réunion entre un agent de renseignement russe et son officier responsable.



    Ne voilà-t-il pas que Chait, qui qualifie de ‘théoriciens du complot’ ceux qui parlent vrai, improvise la plus grande théorie du complot de notre temps : le président Trump est un agent du Kremlin depuis 1987. Chait fournit un « écheveau de connexions folles » pour illustrer son absurde théorie du complot, selon laquelle, « il n'est pas nécessaire de croire que Poutine a toujours su qu'il pourrait installer Trump dans le Bureau Ovale pour trouver la situation suivante très plausible : En 2015, le président russe a reconnu avoir, dans l’un de ses fichiers de renseignement au nombre inconnu, le moyen de s’ingérer dans la politique présidentielle étasunienne. »



    Chait croit aussi que la Russie est derrière la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. « La sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne a favorisé l'objectif russe vieux de plusieurs décennies, de séparer les nations occidentales, et la Russie a trouvé des alliés de bonne volonté dans l'extrême droite britannique. »



    Chait arrive même à être encore plus conspirateur. Il admet que la mise en accusation de Paul Manafort pour de prétendus crimes en col blanc, qui ont eu lieu des années auparavant en Ukraine, ne sont pas liés à l'élection de Trump. Néanmoins, Chait est certain que Manafort protège Trump même si, selon lui, Manafort fait face à de nombreuses années de prison. Pourquoi Manafort protégerait Trump ? La réponse de Chait :






    L’attitude de Manafort peut s’expliquer par la possibilité qu’il se taise parce qu'il craint d'être tué. Cette spéculation peut paraître échevelée, mais elle est étayée par d’abondantes preuves. En février, une vidéo apparue sur YouTube montrait Deripaska, le patron de Manafort, sur son yacht accompagné d’une cavalière biélorusse dénommée Anastasia Vashukevich.



    L'article de Chait est long et lourdement ponctué d’insinuations. Chait, ou celui qui a écrit l'article, peut-être l’auteur du Dossier Steele, rassemble tous les faits désobligeants et fantasmes à propos de Trump. Il assemble les faits de manière à dresser le portrait de quelqu’un qui doit, sans aucun doute, être un agent russe. Si le public arrive à gober ça, le complexe militaro-sécuritaire peut assassiner Trump et reprocher à Poutine de s’être débarrassé d'un agent démasqué par l'enquête du RussiaGate, un agent devenu inutile et qui est peut-être prêt à vendre la mèche.



    Une autre théoricienne du complot, Amy Knight, écrit : « La vraie question est de savoir où s’arrête l'État criminel russe et où commence la pègre, et comment ils collaborent dans ce qui équivaut à une nouvelle SARL infernale ? »



    Dans le Wall Street Journal (7 juillet), Iaroslav Trofimov nous raconte que « Poutine dresse son propre empire » pour remplacer l’empire soviétique perdu.



    Dans le Washington Post, Max Bergmann nous raconte que Trump va vendre l'OTAN à Helsinki. Cela laisse supposer que Poutine se sert de Trump pour lâcher l'armée russe sur l'Europe. De nombreux théoriciens du complot se sont ralliés à l'idée que les États baltes seront envahis les premiers, puis que Poutine passera à l’Allemagne et au reste de l'Europe.



    Roger Cohen du New York Times, attire même Marine Le Pen dans le complot, qui s'élargit afin d’inclure le nettoyage ethnique de l'Ouest, contre les réfugiés des guerres de Washington.



    Voilà le degré d’absurdité que les médias étasuniens vendent au public pour qu’il se fasse une idée des affaires étrangères.





Ancien Secrétaire Adjoint au Trésor pour la politique économique, Paul Craig Roberts a tenu de nombreux postes universitaires, a été rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal, chroniqueur chez Business Week, Scripps Howard News Service et Creators Syndicate, et il a écrit aussi de nombreux ouvrages, dont l’un, L'Amérique perdue : Du 11 septembre à la fin de l'illusion Obama, a été traduit en français.



Paul Craig Roberts, 10 juillet 2018


Original : www.paulcraigroberts.org/2018/07/10/the-view-of-russia-in-the-west-paul-craig-roberts/

Traduction Petrus Lombard








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