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Actualités (franco-) algériennes

Djeha

La France, c'est aussi une amie qui nous veut beaucoup de bien

Moncef Wafi, Editorial, Le Quotidien d’Oran, J. 14 mars 2019

La France s'est, de nouveau, invitée en Algérie en commentant une actualité qui ne la regarde pas. Enfin, si elle ne la regarde pas puisque l'Algérie est, en théorie, un pays souverain et qu'il n'a de ce fait cure des déclarations élyséennes. Mais voilà, et comme tout le monde le sait, l'Algérie est toujours française malgré l'indépendance acquise en 1962. Elle est française parce que des hommes au pouvoir, ceux de l'ombre et du clair-obscur l'ont vendue pour des intérêts claniques et personnels.

Cette mise au point faite, il est du devoir national de répondre à Paris et de l'inviter, à son tour, à s'occuper de ses affaires internes, de régler son Samedi et d'arrêter de réprimer, dans le sang et la violence, un mouvement populaire légitime. La France n'a pas à s'immiscer, par effraction, dans les affaires algéro-algériennes, n'a pas à apprécier la démocratie en Algérie comme elle le fait pour le Venezuela où elle a salué un coup d'Etat orchestré par Washington. La France a, de nouveau, perdu une occasion de se taire en s'évitant ce retour de manivelle, en pleine gueule.

Le peuple a décidé, quant à lui, de balayer le passé politique et avec lui cette influence malsaine française, dans la région. Mais l'essentiel n'est pas dans son appui à Bouteflika, Paris a conscience que l'enjeu se concentre dans la nouvelle loi sur les hydrocarbures et c'est pour cette raison qu'elle bénit les décisions de rallonge du régime en place. Une loi vendue par ses plus zélés défenseurs comme une nécessité nationale pour booster les investissements étrangers, dans le domaine et rendre plus attractives les offres algériennes.

En vérité, cette loi conçue par les Américains n'est qu'une porte ouverte pour un bradage en règle des ressources naturelles algériennes qui restent encore et un blanc-seing pour une privatisation choisie et orientée. Elle est, aussi, le prélude au non conventionnel, autrement dit le gaz de schiste, option rejetée catégoriquement par les Algériens devant l'insistance suspecte des décideurs. Cette nouvelle loi sur les hydrocarbures, portée en triomphe par les dirigeants de Sonatrach, est le véritable enjeu de cet intérêt occidental à la question algérienne et ce n'est certainement pas le sort de la démocratie qui guide leurs actions. Et comme l'a si bien expliqué une amie révolutionnaire, « si la France se soucie réellement de nos cadavres qu'elle cautionne ce qui est en train de se passer et qu'en échange elle ouvre ses portes à tous les Algériens désireux de fuir le pays ».


Fraternité !

Arnaud Montebourg*, Le Quotidien d’Oran, J. 14 mars 2019

L'Association France Algérie, née en 1962, à l'initiative de Germaine Tillion résistante, ethnologue émérite et Edmond Michelet ancien ministre du Général de Gaulle, a pour mission - qu'elle a remplie avec une parfaite constance- de cultiver, par delà les événements qui bousculeraient les rapports entre nos deux pays, l'amitié, la fraternité et l'entraide entre nos deux sociétés, française et algérienne.

Cette belle mission nous interdit toute forme d'ingérence dans la vie politique de l'Algérie. Nos amis algériens se défient à bon droit de ceux qui interviennent dans leurs affaires. Quand une nation libre et un peuple souverain s'affirment avec une telle force au cours de son histoire, et qu'ils désirent aussi passionnément l'écrire par eux-mêmes et pour eux-mêmes, ils n'ont besoin ni de conseils ni de jugements.

Que nos amis algériens sachent toutefois l'admiration et l'estime que leur courage, leur détermination et leur lucidité éveillent partout en France. Votre fierté, tout comme la dignité que vous revendiquez, votre désir de vouloir choisir votre destin collectif, ce sont des passions que nous autres, citoyens français avons en partage avec vous. Quand chaque citoyen ressent le devoir de prendre en charge son destin, quand chacun où qu'il se trouve respecte un peuple en marche, il n'est pas un héritier de la Révolution française qui ne tressaille.

Oui, on doit admirer la détermination pacifique de cette marée humaine aspirant à choisir son avenir et qui est parvenue à changer le cours de son histoire. Le cœur de chaque citoyen d'Alger, de Constantine, d'Oran, des Aurès au Grand Sud, vibre à l'unisson de tous ceux qui, dans le monde, partagent des idées et des rêves, dessinent leur avenir, font confiance en demain. L'avenir de l'Algérie quoi qu'il advienne sera écrit par eux.

L'Association France Algérie, depuis l'indépendance, veut rapprocher les sociétés française et algérienne, affermir l'amitié qui doit demeurer entre nos deux peuples. Les Algériens d'aujourd'hui donnent une magnifique leçon de démocratie. Qu'en retour ils acceptent le beau mot de fraternité, qui voisine dans notre devise avec ceux de liberté et d'égalité.

*Président de l'Association France Algérie


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