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Après son effritement en Occident, l’image de l’Arabie saoudite se dégrade dans le monde arabe de manière inquiétante à cause de Jérusalem/Al Quds

Hussein Majdoubi

L’image de l’Arabie saoudite se dégrade très rapidement dans les mondes arabe et musulman depuis un an. Il n’y avait auparavant que l’Occident qui avait une mauvaise image du Royaume pour des raisons politiques, sociales et intellectuelles. Le paradoxe est que Riyad brandit le glaive dans le monde arabe alors qu’elle tente d’améliorer son image en Occident à travers le dialogue et la publicité.

Une mauvaise image en Occident et dans le monde arabe

Historiquement, l’image de l’Arabie saoudite était mauvaise en Occident. Le pays a traversé deux périodes : les critiques des médias et d’une partie des politiciens occidentaux au sujet de ses traditions dépassées comme l’absence de droits pour les femmes et la répression syndicaliste et politique, sans oublier les scandales des princes saoudiens effectuant des dépenses folles dans les pays occidentaux pendant les vacances. Ces derniers ne sont toutefois pas une exception parmi les princes des monarchies arabes.

L’image de l’Arabie saoudite s’est davantage dégradée dans la seconde période, après les attentats terroristes du 11 septembre et l’implication de Saoudiens. Les gouvernements occidentaux et les médias ont tenu Riyad pour responsable de la diffusion de l’ « extrémisme wahhabite » dans le monde et par là même des actes terroristes attribués à l’extrémisme.

L’image de Riyad n’était pas meilleure dans le monde arabe mais les critiques étaient rarement publiques à cause de l’absence des réseaux sociaux et des pressions exercés par les gouvernements sur les partis politiques, les intellectuels et les journalistes afin qu’ils ne critiquent pas la politique de Riyad ; de nombreux gouvernements arabes recevant des aides financières de l’Arabie saoudite.
Le tournant de 2017

Les choses ont changé en 2017 : la dégradation de l’image de l’Arabie saoudite s’est accélérée de manière inquiétante. Cela a commencé avec les critiques des défenseurs des droits de l’homme au sujet des nombreuses victimes de la guerre au Yémen, que Riyad mène au nom de la « coalition arabe » contre les Houthis. Ces critiques ont augmenté avec la position floue de Riyad au sujet de la reconnaissance par Washington de Jérusalem comme capitale d’Israël. L’opinion publique arabe n’a pas compris ce qui ressemblait à une éloge du Président américain Donald Trump par Riyad dans ce dossier. Les critiques se sont multipliées sur les réseaux sociaux au sujet du rôle joué par l’Arabie saoudite dans le dossier de Jérusalem/Al Quds, car l’opinion publique arabe ne comprend pas comment un Etat qui se déclare « protecteur des deux lieux saints » peut jouer avec le troisième : Jérusalem/Al Quds. L’Arabie saoudite demande même aux religieux de ne pas critiquer l’administration américaine. Ces critiques se sont transformées en slogans dans des manifestations énormes qui ont eu lieu dans plusieurs pays arabes. Trois d’entre eux se sont distingués jusqu’à maintenant : la Jordanie, le Maroc et l’Algérie.
Des manifestations gigantesques contre la politique saoudienne

Les Jordaniens ont répété pour la première fois des slogans hostiles à l’Arabie saoudite et au rôle joué par le Prince héritier dans le dossier de Jérusalem/Al Quds, dans une manifestation qui s’est tenue il y a environ deux semaines. A leur tour, les Marocains ont chanté des slogans contre la politique de Riyad dans la plus grande manifestation à ce jour depuis la déclaration de Trump, qui s’est déroulée dans la capitale Rabat. Contrairement à la Jordanie, la critique de l’Arabie saoudite au Maroc est un phénomène habituel. Les Saoudiens ont été surpris par une photo brandie dans le stade de foot de Melilla, à l’Est du pays, montrant les visages de Trump et du Roi d’Arabie saoudite Salman Ben Abdelaziz, les désignant comme responsables de la perte de Jérusalem/Al Quds.

Les experts en communication considèrent que Riyad tente de vendre son image à l’opinion publique et aux médias occidentaux à travers le marketing et des dossiers financiers et politiques dans les annexes des journaux. Elle évite tout conflit avec un Etat occidental, surtout depuis la promulgation de la loi américaine JASTA concernant les Etats soutenant le terrorisme et qui vise l’Arabie saoudite pour sa responsabilité supposée dans les attaques du 11 septembre.

De leur côté, les ambassadeurs d’Arabie saoudite dans les pays arabes menacent les peuples en leur disant que leurs critiques ne resteront pas sans réponse et qu’il y aura des représailles. Ces réactions saoudiennes vont encore davantage dégrader l’image du Royaume chez les peuples du monde arabe.



Commentaires (3)
1. YYY le 13/05/2018 20:34
...L’Arabie saoudite demande même aux religieux de ne pas critiquer l’administration américaine. ...montrant les visages de Trump et du Roi d’Arabie saoudite Salman Ben Abdelaziz, les désignant comme responsables de la perte de Jérusalem/Al Quds.
2. Saber le 13/05/2018 21:46
Les saouds sont au pays arabes ce qu'est les sionistes sont aux pays occidentaux.
3. Ayad le 14/05/2018 01:40
Une pièce de théâtre ridicule avec des guignols. Je ne crois pas à leur cirque de mongoliens psychopathes.
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