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COMMENT FAIRE PROGRESSER LA LUTTE DES GILETS JAUNES?

Robert Bibeau

Les médias à la solde du grand capital exposent le sentiment de frayeur qui s’est emparé de la classe dirigeante suite au soulèvement résistant de la population française. Un ponte du pouvoir bourgeois s’exclamait: «Samedi, on a eu le sentiment d’une espèce de vacance du pouvoir», a déclaré au quotidien Le Parisien le centriste Hervé Morin.

La panique s’est emparée du gouvernement français

Les médias à la solde du grand capital exposent le sentiment de frayeur qui s’est emparé de la classe dirigeante suite au soulèvement résistant de la population française. Un ponte du pouvoir bourgeois s’exclamait: «Samedi, on a eu le sentiment d’une espèce de vacance du pouvoir», a déclaré au quotidien Le Parisien le centriste Hervé Morin. Celui qui dirige la région Normandie exprimait un sentiment très largement partagé en affirmant que « le président doit parler rapidement » aux Français. » (1) Un autre laquais hébété demandait : « Comment a-t-on pu en arriver là ? La question était sur toutes les lèvres au lendemain d’une journée d’émeute qui a fait 133 blessés à Paris et entrainé plus de 400 arrestations. C’était l’incompréhension la plus totale… » (2)

L’oligarchie paniquée et discréditée en est même venue à positionner des snippers lourdement armés sur l’Arc de Triomphe que ces spadassins ont transformés en mirador de défense de l’ordre établi et honni. Qu’on se le dise le pouvoir terroriste français est prêt à assassiner son propre peuple. (3)

La suite de l’éditorial en 5 langues sur : http://www.les7duquebec.com/7-au-front/comment-faire-progresser-la-lutte-des-gilets-jaunes/



Comme d’habitude, face à Jupiter tombé du ciel, l’opposition des polichinelles politiques proposait ses solutions bidon: «Je n’ai jamais vu de ma vie un mouvement soutenu par 84 % des Français », disait le philosophe Luc Ferry. L’ancien ministre estime que la crise est telle qu’elle justifie la dissolution de l’Assemblée nationale (…) Marginalisée par ce mouvement spontané qui défie les cadres traditionnels, l’opposition a réagi en rangs dispersés. Les présidents du Rassemblement national, Marine Le Pen, et de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, ont tous deux réclamé des élections législatives (sic). Le président des Républicains, Laurent Wauquiez, propose, lui, la tenue d’un référendum sur le plan de transition écologique et les hausses de taxes présentés la semaine dernière. » (4) Ridicule en effet, depuis trois semaines le référendum est permanent sur les routes de France et dans Paris occupé par le peuple – le rejet total de l’appauvrissement des prolétaires par l’État des riches. La populace a parlé et elle rejette ce faux drapeau de la transition écolo-bobo pour fumistes altermondialistes.

Le mouvement populaire des « Gilets jaunes » constitue justement l’expression éclatante du rejet de la démocratie bourgeoise bidon et de l’électoralisme parlementaire moribond alors que ces misérables saltimbanques de la politique du grand capital proposent d’en remettre une couche électorale. Le passé de tous ces gauchistes – centristes – droitistes est garant de leur avenir … et fera long feu leur tentative de liquider par élection, comme en 1968 et en 2005, le mouvement de colère populaire, un mouvement désemparé il est vrai, mais suffisamment conscient pour comprendre que tous ces politiciens professionnels sont les fossoyeurs de leur colère justifiée. Ces collabos du grand capital en crise, gauchistes comme droitistes, répondent présents à leurs maitres et par leur slogan «Macron démission» se montrent disposés à s’octroyer la gouvernance de l’État des riches.

Demeurez dans l’anti chambre du pouvoir messieurs, mesdames les politiciens véreux, le temps que les « Gilets jaunes » sans illusions en finissent avec le commis des banquiers et l’État des riches vacillant sur son socle. Les gilets jaunes, par leur niveau de conscience politique élevé, mettent en échec toutes les intrigues politiciennes pour les diviser, refusant même de se défausser de leur responsabilité sur le dos de pseudo représentants toujours prêts à accumuler du «capital politique» sur le dos de leurs camarades (rappelez-vous le député pédophile Dany le Rouge en Mai 68). Il est sain et normal qu’un si vaste mouvement populaire rassemblant des centaines de milliers de partisans, de multiples origines (ouvriers, travailleurs des services, fonctionnaires, chômeurs, artisans, petits-bourgeois prolétarisés, étudiants paupérisés, lumpens dégradés, bourgeois des régions précarisées, etc.), ayant répudié l’ancienne politique politicienne corrompue cherche ses marques.

La désillusion médiatique

Ainsi, les petits-bourgs au bagou légendaire apportent au mouvement leur frustration de malaimé du système dont ils attendaient des sinécures bien planquées et bien méritées, car ils ont tellement étudié gémiront-ils. Les petits-bourgeois se voient comme les porte-paroles désignés et les stratèges forts en thèmes du mouvement populaire. Les petits-bourgeois amènent dans le mouvement leurs illusions à propos de la démocratie bourgeoise avec leur slogan réformiste « Macron démission » et leur mystification à propos de l’objective neutralité de la presse aux ordres de leurs propriétaires milliardaires. Ne soyez pas surpris d’entendre le petit-bourg s’offusquer de la partialité des médias menteurs : « Gilets jaunes : Michel Onfray dénonce la désinformation des médias et le soutien du gouvernement aux casseurs » (5). Il y a belle lurette que le prolétariat n’accorde aucun crédit à ces portevoix du grand patronat.

Faut-il s’inquiéter du soutien de la bourgeoisie régionale et de l’infiltration de la petite-bourgeoisie frustrée dans les rangs des enragés en gilets jaunes ? Nullement, les crises sociales, conséquences des crises économiques systémiques, sont des révélateurs des tendances lourdes bouleversants une société. Au cours des crises économiques se transformant en crises politiques et sociales les médias à la solde – propriétés des milliardaires des communications – sont amenés à se démasquer et à s’exposer nus face à la rue en colère. Croyez-vous que l’État bourgeois et que le grand capital pourraient tolérer que leurs médias diffusent les idées des révoltés si celles-ci mettent en péril l’ordre établi ? Il n’y a que le petit-bourgeois pour l’espérer.

Ce qui fait dire à un observateur de la scène politique française que: «Si le conflit s’aiguise, les Gilets jaunes vont voir le véritable visage de la classe dominante, ce visage hideux qu’elle dissimulait pendant les périodes «paisibles». Ils découvriront alors que son discours sur le droit de grève, de manifestation, de libre circulation, etc. n’est qu’hypocrisie et mensonge. Macron et son gouvernement n’hésiteront pas à exercer la répression la plus féroce pour briser le Mouvement. Ils prendront peut-être conscience que plus la lutte dure dans le temps et se transforme en combat politique, plus la classe au pouvoir devient brutale, arrogante et odieuse.» (6)

Et l’auteur de poursuivre : «Pour l’instant le Mouvement ne met en exergue que des revendications économiques (taxe sur le carburant, pouvoir d’achat, vie chère...). Les revendications politiques sont quasiment absentes. Si les revendications économiques sont justes et légitimes et il faut se battre pour les réaliser, le Mouvement ne doit pas oublier qu’il lutte contre les effets et non contre les causes de ces effets. La lutte pour des revendications immédiates, qui reste indispensable, ne supprime pas pour autant les racines qui engendrent cette situation désastreuse dans laquelle se trouve une partie de plus en plus importante de la population.» (7)

Transformer la contestation spontanée en combat politique conscient

Les petits-bourgs se sentent investit d’une mission de «conscientisation» de la population qu’ils croient stupide et inconsciente. «Un tel mouvement de contestation interclassiste, initié au départ par de petits patrons, ne suscite pas l’hostilité des médias (sic) et il attire inévitablement les forces de la droite extrême; même quand il manifeste une opposition virulente à la politique gouvernementale et aux grandes entreprises capitalistes (trust pétrolier, etc.), il ne peut avoir qu’une orientation bourgeoise (sic). Les prolétaires qui participent au mouvement ne le font qu’à titre individuel; n’étant pas organisés sur une base indépendante, ils ne peuvent défendre leurs intérêts spécifiques d’exploités – c’est-à-dire contre l’exploitation capitaliste: ils se retrouvent noyés dans une lutte commune avec des petits patrons, commerçants, artisans, libéraux, etc., qui eux, évidemment, défendent mordicus le capitalisme !» (8)

Et ces gauchistes de réciter le catéchisme communiste: «Une lutte interclassiste, où les prolétaires sont inévitablement soumis aux intérêts d’autres classes, peut bien obtenir des succès; elle peut bien réussir des milliers de blocages ponctuels, elle ne réussira jamais à bloquer le capitalisme. Seule la lutte indépendante de classe, la lutte pour les intérêts de classe des prolétaires peut y arriver ; en effet ce sont les prolétaires qui ont seuls la force potentielle de faire échec au capitalisme, car celui-ci ne vit que de leur exploitation. Lutter contre cette exploitation, c’est lutter contre le capitalisme, y mettre fin, c’est mettre fin au capitalisme !» (9) Qu’on se le dise, ils ont parfaitement raison. Là où errent ces gauchistes, c’est quand ils espèrent que cette conscience de classe sera apportée de l’extérieur du Mouvement, comme un cadeau des communistes, des marxistes-léninistes et autres «istes» aux militants inconscients. Cette conscience de classe prolétarienne révolutionnaire ne peut surgir que de l’expérience vécue concrètement et intégrée pratiquement par la classe prolétarienne au cours de la lutte à laquelle est conviée cette «gauche» déjantée.

Ainsi, quand un militant gauchiste énonce que: «Les Gilets jaunes doivent se battre contre le pouvoir politique source de leurs malheurs. Ils ne doivent pas se limiter à des revendications économiques qui même satisfaites ne suppriment absolument pas les conditions dans lesquelles les injustices de classe se reproduisent.» (10) Malgré sa bonne volonté, ce militant, qui souhaite apporter La conscience de classe au prolétariat, s’égare complètement. Le prolétariat ne doit pas «contester» pour tenter de réformer le pouvoir politique bourgeois et espérer atténuer les «injustices». (11) Ce concept d’injustice dans la distribution des fruits de la production est une lubie de petit-bourgeois moralisateur aspirant à un monde équitable au milieu de l’exploitation effrénée. La classe prolétarienne doit renverser – éradiquer – l’État bourgeois, la propriété privée et les rapports de production capitalistes, non pas pour enrayer les «injustices sociales», non pas pour établir la «démocratie populiste» ou rétablir la «liberté d’exploiter», mais pour survivre en tant qu’humanité. C’est l’espèce humaine tout entière qui est menacée d’extinction si nous poursuivons sur cette pente glissante de la mondialisation capitaliste. Suite à cette destruction sanglante de l’ancien mode de production l’édification du nouveau mode de production communiste prolétarien assurera les bases économique, politique et sociologique de l’extinction des classes sociales, de la fin de l’exploitation, de l’éradication des injustices et de l’établissement de la véritable liberté dans l’équité.

C’est dans et par la lutte que la conscience de classe pour la poursuite de ces objectifs révolutionnaires prolétariens se raffermira et espérons que les militants de «gauche» sauront y contribuer en abandonnant leur sectarisme, leur dogmatisme et leur opportunisme et en se mettant au service de la classe prolétarienne révolutionnaire.


NOTES

1. https://www.msn.com/fr-ca/actualites/monde/lendemain-d’émeutes-à-paris/ar-BBQphQ3?ocid=spartandhp
et http://www.les7duquebec.com/7-au-front/taxe-sur-le-carburant-la-goutte-qui-a-amorce-la-revolte-sociale-en-france/
2. https://www.msn.com/fr-ca/actualites/monde/lendemain-d’émeutes-à-paris/ar-BBQphQ3?ocid=spartandhp
3. Snippers : https://www.algeriepatriotique.com/2018/12/03/gilets-jaunes-des-snipers-en-position-de-tir-sur-larc-de-triomphe-en-france/
4. https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/gilets-jaunes-michel-onfray-209960?fbclid=IwAR3EtAB5ix9Yo_45vlvvCNhxJnowYu8tHNZE0C3bAmsRHYDTUoYesZRjCJg et https://www.agoravox.fr/actualites/medias/article/gilets-jaunes-et-journalistes-210142
5. https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/gilets-jaunes-michel-onfray-209960?fbclid=IwAR3EtAB5ix9Yo_45vlvvCNhxJnowYu8tHNZE0C3bAmsRHYDTUoYesZRjCJg
6. Mohamed BELAALI. Gilets jaunes : transformer la contestation spontanée en lutte consciente. Le Grand Soir.
7. Mohamed BELAALI. Gilets jaunes : transformer la contestation spontanée en lutte consciente. Le Grand Soir.
8. http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs/gilets-jaunes-linterclassisme-est-contraire-aux-interets-des-proletaires/
9. http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs/gilets-jaunes-linterclassisme-est-contraire-aux-interets-des-proletaires/
10. Mohamed BELAALI. Gilets jaunes : transformer la contestation spontanée en lutte consciente. Le Grand Soir.
11. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/reformer-ou-deformer-la-france/






Commentaires (3)
1. Tom France le 06/12/2018 13:07
Les gilets jeunes doivent impérativement éviter la structuration du mouvement qui mènera inévitablement à une récupération et on connait la suite!
Ils doivent réclamer une sortie immédiate de l'ue, de l'euro et de l'otan + la suppression de la loi du 3 janvier 1973 avec mise en place d'une banque centrale publique + une assemblée national composée de la même manière qu'un jury populaire + la mise en place de référendum pour des questions importantes et aussi, la mise sous tutelle des asso' sionistes comme le crif etc...
Voilà une bonne ébauche d'un programme révolutionnaire!!!
2. oh-daz le 06/12/2018 21:33
.."Les gilets jeunes doivent impérativement éviter la structuraSION du mouvement qui mènera inévitablement à une récupéraSION et on connait la suite!"...
fort possible @ Tom France
3. Duc1950 le 07/12/2018 11:36
Dans un premier temps,virer la mafia" sionisto-rotschildienne" du pouvoir;la relève est prète. Tapez:CNTF,et instruisez vous sur ce site.
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