alterinfo.net

Twitter

Crise politique, baisse du cours du pétrole en août 2019 et impacts sur l’économie algérienne

Abderrahmane Mebtoul

ALGERIE

IMPACT DE LA BAISSE DU COURS DU PETROLE ET CRISE POLITIQUE ALGERIE
Crise politique, baisse du cours du pétrole en août 2019 et impacts sur l’économie algérienne

Professeur des universités, expert international Dr Abderrahmane MEBTOUL

Le cours du pétrole a subi une baisse brutale étant coté le 09 aout 2019 (12h) à 57,80 dollars pour le Brent et à 52,80 dollars le baril pour le Wit suivi du cours sur le marché libre du gaz naturel , représentant 33% des recettes de Sonatrach en 2018, coté à 2,128 dollars le MBTU le 09/08/2019 , où à ce cours l’Algérie peinera à couvrir les frais de production. Quelles sont les raisons essentielles et l’impact sur l’économie algérienne face à la crise politique ?


1.-Premièrement, la raison principale ce sont les tensions entre les USA et la Chine, les deux plus grandes puissances économiques mondiales , avec le retour des mesures protectionnistes qui selon le FMI et la banque mondiale risque de provoquer une crise économique mondiale équivalente à celle de 2008, entrainent une baisse du taux de croissance et par là un fléchissement de la demande d’hydrocarbures

2.-Deuxièmement, l’OPEP en 2018 représente environ 40% de la production commercialisée mondiale avec la prédominance de l’Arabie Saoudite (plus de 10 millions de barils jour) confronté à des tensions budgétaires 60% hors OPEP dont la Russie et les Etats Unis d’Amérique avec l’entrée massive du pétrole et gaz de schiste , plus de 10 millions de barils jour pour chacun , les gisements rentables de schiste aux Etat s Unis étant rentables pour un cours, pour les grands gisements d’environ 45/50 dollars et pour les gisements moyens les plus nombreux 55/60 dollars le baril et dont le cout grâce aux nouvelles technologies ont diminué de plus de 50%

3.-Troisièmement, ente 2020/20360 ; nous assistons à un nouveau modèle de consommation énergétique fondée sur l’efficacité énergétique (bâtiments, transport notamment) et l’entrée massive des énergies renouvelables dont le cout a diminué de plus de 50%

4.-Quatrièmement, nous avons assisté contrairement aux prévisions à une hausse des stocks américains et à un cours du dollar euro/(1,12 dollars un euro) relativement stable qui influent conjointement d’environ 10/15% sur le cours

5.-Cinquièmement, contrairement aux années passées, les tensions géostratégiques notamment avec l’Iran qui contrôle le détroit de D’Ormuz ( 30% du trafic pétrolier mondial) ainsi que la crise au Venezuela premier réservoir pétroler mondial ont eu peu d’impacts

6.-Sixièmement, 98% des recettes en devises pour l’Algérie provenant directement et indirectement des hydrocarbures cela a un impact négatif sur la balance des paiements. Pour un cours moyen de 60 dollars annuellement et un cours de 4 dollars le MBTU pour le gaz les recettes de Sonatrach pour 2019 ne dépasseront pas 30 milliards de dollars pour une sortie de devises importations ( environ 45/46 milliards de dollars ), montant incompressible si l’on veut éviter une paralysie totale de la machine économique, et les services fluctuant entre 10/11 milliards de dollars entre 2017/2018.

7.-Septièmement, cela accentuera la baisse des réserves de change, qui tiennent la cotation du dinar à plus de 70%, poussant à la dévaluation, avec des impacts inflationnistes (relèvement du taux d’intérêt des banque pour éviter leurs faillites) , les investissements directs étrangers fléchissant à cause de la crise politique. Au rythme de la dépense publique qui tire à plus de 80% la croissance,(75/80% des entrants des entreprises publiques et privées étant importés) , les réserves de change risquent de clôturer à environ 58 milliards de dollars fin 2019, 36 en 2020 16 milliards de dollars fin 2021 et une cessation de paiement avant le premier trimestre 2022.

8.- Huitièmement, , les lois économiques étant insensibles aux slogans politiques populistes et le temps ne se rattrapant jamais en économie, car dans ce cas de retour au FMI, il serait utopique tant pour le pouvoir, l’opposition qu’El Hirak de parler d’indépendance sécuritaire, politique qu’économique avec le risque d’une déstabilisation de l’Algérie avec des incidences géostratégiques. ademmebtoul@gmail.com

9.- Neuvièmement, comme je viens de le souligner dans quatre interviews le 08 aout 2019 au niveau des télévisions Chorouk TV , Ennahar TV, Beur TV, Elhayat TV , je cite en synthèse mes propos diffusés ; « la persistance de la crise politique qui secoue le pays depuis le 22 février pourrait aggraver la situation économique du pays. L’économie ne peut plus résister à ces effets dans le temps La situation économique pourrait s’aggraver plus rapidement sans la résolution de la crise politique. Il est donc nécessaire, une lutte sans merci contre la corruption comme l’a souligné fortement le vice ministre de la défense nationale, chef d’Etat major de l’ANP qui mine le développement et démoralise la société, une réorientation de la politique socio-économique actuelle fondée sur la rente et d’organiser une élection présidentielle transparente très rapidement, pour une sortie de crise et pour faire face à la grave situation économique du pays ».

Pr Abderrahmane Mebtoul Directeur d’études ministère Energie-/Sonatrach 1974/1979-160/1995-2013/2015 membre de plusieurs organisations internationales sur l’énergie- haut magistrat premier conseiller et directeur général à la cour des comptes 1980/1983


Commentaires (0)
Nouveau commentaire :



Alter Info apa
Journal d'opinion en ligne
ISSN n° 1773-0163 / CNIL n° 1070854.
Agence de presse associative
TI de Mulhouse sous les références : Volume LXXXIII (83) Folio n°73