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Faillites et licenciements dans les mois qui viennent, la France face au désastre économique

Fabien Buzzanca

De nombreuses entreprises françaises sont au bord du gouffre. Les mesures prises pour endiguer la pandémie de coronavirus et qui ont mis l’économie du pays quasiment à l’arrêt ont des conséquences dramatiques au niveau financier dans beaucoup de secteurs. La situation pourrait durer des mois. Sputnik France fait le point.

«Il y aura des faillites et il y aura des licenciements dans les mois qui viennent.»

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a préféré jouer la carte de la franchise chez nos confrères d’Europe 1. «Beaucoup de secteurs sont très durement touchés» par la crise et «même si la croissance redémarre, elle ne repartira pas au même rythme», a-t-il précisé.

Alors qu’un déconfinement progressif est effectif depuis le 11 mai et que de nombreux commerces ont pu rouvrir leurs portes, ces derniers sont restés de longues semaines privés d’activité. Pour d’autres secteurs tels que l’hôtellerie-restauration ou le monde de la nuit, la situation est encore plus grave: ils n’ont toujours pas repris leur activité à ce jour.


Bien que le premier trimestre 2020 n’ait compté que 14 jours du confinement qui est entré en vigueur le 16 mars, il a pourtant enregistré une chute record du Produit intérieur brut (PIB): -5,8%. Selon toute vraisemblance, la baisse sera encore pire au deuxième trimestre.

D’après l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), les huit semaines de confinement ont coûté pas moins de 120 milliards d’euros à l’économie française. Sur ce montant astronomique, 40 milliards pèsent sur les entreprises.
Un dispositif de chômage partiel moins généreux

100 milliards d’euros ont bien mis été sur la table par l’exécutif, dont une partie sert à financer le dispositif de chômage partiel qui a vu 12,7 millions de demandes déposées depuis le 1er mars. Mais ce filet de sécurité, qui a permis à des millions de travailleurs de pouvoir continuer à joindre les deux bouts, ne peut pas faire office de solution miracle.

Bruno Le Maire a d’ailleurs fait part de la volonté de faire évoluer le dispositif qui permet aux salariés de toucher 84% de leur salaire net (100% dans le cas d’un SMIC). Le gouvernement souhaite réduire le montant de la prise en charge «de façon à inciter au retour de l’activité puisque c’est ça qui nous permettra au bout du compte de créer des emplois et de créer de la prospérité».

«Ce n’est pas une situation normale d’avoir l’État qui prend en charge 100% des salaires», a-t-il ajouté.

Pour François Asselin, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), une telle décision entraînera des licenciements. Il souhaite que l’exécutif attende le mois de septembre avant toute réduction d’ampleur du dispositif.

Du côté du patronat, le Medef s’oppose lui aussi à une modification de la prise en charge du chômage partiel.

L’État a également fait en sorte de faciliter l’obtention de prêts pour de nombreuses sociétés. D’après Bercy, 80 milliards d’euros ont été accordés au bénéfice de 445.000 entreprises au 21 mai. Des sommes qu’il faudra rembourser. Le paiement de certains loyers et charges sociales a également été reporté, mais non annulé.
De longs mois de catastrophe économique à l’horizon?

S’il est fort probable que l’on ne soit qu’au début de la vague de faillites, de nombreuses sociétés sont déjà au bord du gouffre.

«Pour l’instant, les entreprises sont portées par les mesures gouvernementales. Mais la vague viendra dans les mois prochains. Elle touchera tous les secteurs, notamment les groupes qui ont des contrats internationaux, qui se trouvent inévitablement fragilisés», explique à nos confrères du Monde Loïc Belleil, président du tribunal de commerce de Nantes.

L’enseigne d’ameublement Alinéa, qui emploie environ 2.000 personnes, a été placée en redressement judiciaire le 13 mai. Même chose du côté du groupe André, spécialisée dans la vente de chaussures. Le tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a quant à lui ordonné le 15 mai la mise en redressement judiciaire de Naf Naf, qui emploie1.170 salariés.

D’autres entreprises comme l'enseigne de chaussures et de vêtements La Halle (Vivarte) et ses plus de 6.000 employés sont placés en procédure de sauvegarde.

Le secteur de l’audiovisuel est également touché. NextRadioTV, maison mère de BFMTV et RMC, a annoncé le 19 mai qu’elle mettait en place un «plan de transformation et de reconquête post-Covid». Ce dernier prévoit de réduire les effectifs. Le recours aux intermittents, pigistes et consultants devrait être divisé par deux.

Même de grands fleurons industriels français comme Renault sont touchés. Le constructeur automobile envisagerait de fermer quatre sites en France, selon Le Canard Enchaîné. Du côté du géant de l’aéronautique Airbus, les temps sont également difficiles. D’après nos confrères du Figaro, Guillaume Faury, président exécutif de l’avionneur européen, a envoyé un courrier aux 135.000 salariés du groupe afin de les prévenir «de se préparer à des réductions d’emplois potentiellement plus importantes qu’annoncé».


Pas mieux du côté du sport. Selon Mediapart, plusieurs clubs de football professionnels français sont au bord de la faillite.

Jérôme Gernais, président de la chambre du commerce et de l’industrie de l’Indre, a souligné la gravité de la situation au quotidien Le Monde:

«Il ne faut pas se laisser tromper par les entreprises qui ont continué à travailler durant ces deux mois de confinement: elles assuraient des commandes antérieures. Mais les carnets de commandes ne vont pas se remplir de sitôt, cela va être très long et c’est un problème mondial.»

https://fr.sputniknews.com/economie/202005221043826672-faillites-et-licenciements-dans-les-mois-qui-viennent-la-france-face-au-desastre-economique-/


Commentaires (4)
1. jehaislescookie le 23/05/2020 18:53
"«Ce n’est pas une situation normale d’avoir l’État qui prend en charge 100% des salaires», a-t-il ajouté. "
Si , au contraire ! c'est ce qui est souhaitable ! écoutez les vidéos de Bernard Friot, vous comprendrez. C'est le moment !
2. Parick Huet le 23/05/2020 20:07
Une autre pensée me vient à l'esprit.
Nous ne sommes pas obligés d'obéir une fois de plus à tous ces grands prédicateurs de catastrophes.
Nous pouvons rebondir et être encore plus prospère qu'avant.
Ce serait un formidable pied de nez à tous ceux qui voudraient nous voir enfoncer dans la misère.
3. rav le 23/05/2020 23:33
Apres avoir maintenu les entreprises de france à flot...par etat....PAS QUESTION QU ELLES PAYENT LEURS PROPRE FACTURES....ce sont les francais qui vont la payer tot ou tard de facon directe ou indirecte.

L indescence des millards de benefices pour certaines internationales ou non et sans moralités vont licencier...u nom du Manque à gagner....ayant laisser partager avec la benediction de l etat les milliards de benefices entre actionnaires ou reinvestir hors de la france ces meme benefices

Voila comment on plume les francais....les benefices ne sont pas au programme de sauvegarde de la france ni des salaires encore moins des retraites....mais pour leurs tesla chateau et mondialisation

Voila ce qu est devenus le patronnat Francais...l economie, la double economie qui se nourrissent tous des plus pauvre vous et moi. Alors on change tout aux prochaines elections? ca fait 80 ans que ca dure..droitegauche bref les memes...Les francais vont ils reprendre leur pays en mains en sortant de cette hypnose collective destructrice??
sans quoi aucuns avenir , encore moins pour la planete....Mensonges corruption par le fric plus que ca a tout les etages de la France...et n oubliez pas 67 ans la retraite et a 70 ans à la prochaine epidemie on vous confine et n avez ni acces aux memes soins que les plus jeunes ...juste celui d avaler 2 cachet pour partir plus vite ....80% en france sont morts de ce virus car l ordre à été donner au corps medicals et medecins et epadh de confiner, interdire familles et nouvelles jusqu a l heure ...à bout ...de la venue de l abregement de votre vie faute de soins identique aux autres..par deux cachets ...Honte à cette France
Et si on se donnait la peine de finir la recherche dans les paradis fiscaux de tout cet argent bien caché de cette caste malsaines....meme pas Reagissez votre avenir se retrecis et votre vie vous appartient et ces gens n ont de pouvoir que celui que vous leur accordés par vos votes aux presidentielles depuis 80 ans
Regardez l etat lamentable de la France...economie environnement regime sociaux, speciaux, mensonges ;pollutions pauvreté et avenir ...Reflechissez par vous meme couper la tv; la presse et campagne en tout genre dont les proprietaires et financiers sont les memes et faite un flach back de la destruction de ces gens en 80 ans de politique et votez libre en ame et conscience.
La France c est la liberte; le droit de faire disparaitre le pire, le refus d etre empoisonner, d etre intoxiquer, d etre pauvre d etre vacciner ect ect Droits de l homme et de la constitution francaise . Le pays est à vous et non pas a ceux qui pensent en etre les proprietaires parcequ investisseurs ou elus
N oubliez jamais cela ...ces gens existent grace a vous et les faires disparaitre est aussi simple aux elections
Reveillez vous , si c est pas pour vous ....pour vos enfants
4. Saber le 24/05/2020 00:26
Nous ne sommes pas obligés d'obéir ?

Il est prévu que dans quelque temps nous serions tous des grecs.
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