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Frappes en Syrie : le droit international, la grande victime

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À 2h du matin, heure française, le président Trump a annoncé qu’il venait d’ordonner aux forces armées des États-Unis « de lancer des frappes de précision contre des cibles associées aux capacités chimiques militaires du dictateur syrien Bachar Al-Assad. Une opération combinée est en cours avec la France et le Royaume Uni, nous les remercions tous les deux ».

Dans son communiqué, publié dans la foulée de l’annonce de Trump et de Theresa May, Emmanuel Macron, sans fournir la moindre précision, écrit que « les faits et la responsabilité du régime syrien ne font aucun doute » concernant la mort « de dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants » dans une attaque « à l’arme chimique » le 7 avril à Douma.

Les frappes ont duré quelques minutes et ont visé des sites militaires et un centre de recherche supposés héberger le programme chimique du régime, à Damas et près de Homs. Selon la Russie, une centaine de missiles ont été tirés, et l’essentiel aurait été intercepté par la défense aérienne syrienne.

Quelques minutes après les frappes, confirmant que les opérations étaient terminées, le secrétaire américain à la Défense James Mattis a déclaré qu’il s’agissait d’ « une frappe ponctuelle » (one-time shot), et que la « poursuite » des actions militaires évoquée par Trump serait conditionnée à une « nouvelle provocation » syrienne.

Ces frappes sont survenues alors que les experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) viennent d’arriver en Syrie, et qu’ils débutent ce matin leurs investigations sur la prétendue attaque chimique du 7 avril.

Hier, lors d’une conférence de presse, le ministère russe de la Défense a démontré par des preuves accablantes que cette attaque chimique avait été une mise en scène médiatique réalisée par les Casques blancs (voir notre chronique du 13 avril http://www.solidariteetprogres.org/le-monde-en-devenir-chroniques-du/Casques-blancs-attaques-chimiques.html, en diffusant les témoignages directs de syriens identifiés, dont un étudiant en médecine travaillant à l’hôpital de Douma. « [Ces témoins] ont vu des personnes absolument inconnues équipées de caméras entrer dans l’hôpital, arroser tout le monde et semer la panique », a expliqué Igor Konachenkov, le porte-parole du ministère, ajoutant : « Ces inconnus, après avoir filmé cette scène-là, ont disparu ».

Konachenkov a ajouté détenir des preuves de l’implication du Royaume-Uni dans cette manipulation. « On sait que des pressions ont été exercées le 6 avril sur les fameux Casques blancs (…) avec pour prétexte une attaque chimique », a-t-il déclaré.
Un crime passible d’un tribunal de Nuremberg

À travers ces frappes, la démonstration est désormais faite que la France et les États-Unis continuent d’agir comme des satrapies de l’Empire britannique. En cédant au montage grotesque fomenté par les services britanniques et aux sirènes néoconservatrices dans les médias, Donald Trump et Emmanuel Macron ont démontré leur immaturité et leur irresponsabilité.

May, Trump et Macron devront répondre de ces frappes devant l’histoire. Car il s’agit ni plus ni moins d’un acte qualifiable de « crime de guerre ». Mercredi, sept experts juridiques ont prévenu, dans un appel conjoint ( https://consortiumnews.com/2018/04/11/international-lawyers-strike-against-syria-would-be-illegal/, qu’une intervention militaire en Syrie par les Occidentaux constituerait un viol du droit international, car il ne s’agirait ni d’un acte d’auto-défense ni d’une action approuvée par le Conseil de sécurité des Nations Unies. « Il s’agirait d’un crime d’agression : c’est-à-dire le crime international suprême qui porte en lui le germe des pires crimes, comme l’avait noté le tribunal militaire international de Nuremberg », écrivent-ils. Parmi les signataires de l’appel : Ramsey Clark, ancien ministre de la Justice américain et rédacteur de la Charte des droits civiques de 1965 ; Inder Comar, président de l’ONG Just Atonement qui avait poursuivit l’administration Bush-Cheney pour leur guerre d’agression contre l’Irak ; Jeanne Mirer, présidente de l’Association internationale des juristes démocrates ; le docteur Curtis F. J. Doebbler, représentant à l’ONU pour le site international-lawyers.org ; etc.

La bonne nouvelle, c’est qu’ « on peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps », comme le disait le président américain Abraham Lincoln. Il est donc plus que temps pour chaque citoyen de se lever pour faire connaître la vérité. La mobilisation dans les jours qui viennent sera cruciale pour empêcher que cette folie ne nous emmène plus loin.

Ci-dessous l’intervention de Jacques Cheminade du 12 avril, c’est-à-dire avant les frappes :




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