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Gaza : l'armée israélienne abat deux adolescents palestiniens et bombarde l'enclave

Meriem Laribi


Un sniper israélien tire sur un Palestinien immobile, sous les cris de joie des soldats (2018)

Deux jeunes palestiniens de 14 et 17 ans ont été tués par des snipers israéliens en marge de la Marche du retour le 6 septembre. L'armée israélienne a bombardé le lendemain des «positions du Hamas» après la chute de roquettes dans des champs.

Deux adolescents palestiniens ont été tués par des snipers israéliens le 6 septembre en marge de la traditionnelle Marche du retour et contre le blocus qui a lieu les vendredis à la frontière entre la bande de Gaza et Israël depuis plus d'un an. A la suite de cela, des roquettes ont immédiatement chuté sur le territoire israélien et l'armée israélienne a bombardé le 7 septembre des «positions du Hamas».

Ali Al-Ashqar, 17 ans, a été tué d'une balle dans le cou à l'est de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère de la Santé du Hamas, au pouvoir dans l'enclave palestinienne, Achraf Al-Qoudra. Le jeune Khaled al-Rabaï, 14 ans, a lui été tué d'une balle dans l'estomac à l'est de la ville de Gaza.



Le ministère a en outre fait savoir que 46 personnes avaient été blessées par des tirs israéliens le même jour. Contactée par l'AFP, l'armée israélienne n'a pas souhaité commenter les circonstances des décès. Elle a affirmé dans un communiqué que «6 200 émeutiers et manifestants s'étaient rassemblés en différents points de la frontière, lançant des bombes incendiaires et des engins explosifs».


06 septembre 2019

L'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient, Nickolaï Mladenov a qualifié la mort des deux Palestiniens d'«épouvantable». «Israël doit mesurer son usage de la force», a-t-il exigé sur Twitter, tout en exhortant les manifestants palestiniens à être «pacifiques», et en appelant à la fin du «cycle de violence».



Ces meurtres ont eu pour conséquence des tirs de roquettes lancés depuis l'enclave palestinienne en direction du territoire israélien. Un communiqué de l'armée fait état de «cinq projectiles» tirés depuis la bande de Gaza vers Israël. «Ils sont tombés dans des champs dans le sud du pays» limitrophe de l'enclave palestinienne, selon un porte-parole militaire. Aucune victime n'était à déplorer.
308 victimes palestiniennes depuis mars 2018

Poursuivant l'escalade de violences, le 7 septembre, les forces israéliennes ont fait savoir qu'elles avaient bombardé des «positions du mouvement palestinien Hamas» dans la bande de Gaza.

«Un avion et un char ont bombardé des cibles du Hamas dans le nord de la bande de Gaza, y compris un poste et des positions militaires», a précisé l'armée dans son communiqué.

Ce bombardement n'aurait pas fait de nouvelles victimes dans la bande de Gaza, une langue de terre durement éprouvée par les conflits, la pauvreté et l'enfermement.

Depuis le 30 mars 2018, la bande de Gaza est le théâtre, le long de la barrière frontalière avec Israël, de manifestations hebdomadaires baptisées la Marche du retour, pour réclamer notamment la levée du strict blocus israélien imposé depuis plus de dix ans à l'enclave ainsi que le retour des Palestiniens sur leur terre.

Depuis cette date, au moins 308 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens dont des journalistes, photographes, et du personnel soignant. Des centaines de blessés sont à déplorer dont de nombreux handicapés. Pléthore de civils palestiniens sont morts dans des frappes israéliennes d'une grande violence, notamment des femmes et des bébés.

Une commission de l'ONU a affirmé le 28 février que la réponse d'Israël aux manifestations à Gaza en 2018 «p[ouvait] constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité». Les enquêteurs soulignant à cet égard que des snipers avaient visé des civils, dont des enfants. Sept Israéliens ont été tués dans le cadre de ces violences, dont trois soldats.

Un sniper israélien tire sur un Palestinien immobile, sous les cris de joie des soldats (VIDEO CHOC) 2018

«Le sniper devrait recevoir une médaille et celui qui a filmé être rétrogradé» : c'est ainsi que le ministre israélien de la Défense a réagi à à une vidéo montrant un soldat tirer sur un Palestinien sous les cris de joie de ses camarades.

Une vidéo dont Tsahal a confirmé l'authenticité, a été diffusée le 9 avril par la chaîne de télévision israélienne privée 10, avant d'être reprise sur les réseaux sociaux puis dans les médias israéliens, suscitant une vive polémique dans le pays et interpellant sur les pratiques de l'armée israélienne.

Les images, qui dateraient de décembre selon l'armée israélienne, sont rapidement devenues virales, créant une véritable onde de choc. Elles montrent un sniper israélien mettre en joue un Palestinien qui se tient immobile près de la barrière marquant la frontière entre Israël et la bande de Gaza, et qui ne présente visiblement aucune menace. Après quelques secondes, un coup de feu retenti et le Palestinien s'effondre au sol, déclenchant un déluge de commentaires extatiques des soldats. «Wow, quelle vidéo ! Oui ! Fils de pute ! Quelle vidéo ! Allez, courrez l'évacuer», peut-on notamment entendre en hébreu au milieu des cris de joie, ou encore «quelle vidéo de légende !».



L'armée israélienne, qui a annoncé avoir ouvert une enquête sur l'affaire, assure qu'elle s'est déroulée alors que les soldats tentaient de «disperser des émeutiers». «Une balle a été tirée en direction d'un des Palestiniens soupçonné d'être le leader des émeutiers. Il a été touché à la jambe», a affirmé Tsahal dans un communiqué.

L'outrage est tel en Israël qu'en dehors de l'opinion publique et de la gauche, même des élus du Likoud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahou, s'en sont ému. Interrogé par le journal Haaretz, le député Yehuda Glick a par exemple confié que les images étaient «très difficiles à regarder», ajoutant que l'atmosphère qui régnait parmi les soldats était «troublante et décevante».
«Le sniper devrait recevoir une médaille», selon la Défense israélienne

Cet avis est cependant loin de faire l'unanimité au sein du Likoud et du gouvernement, toujours prompt à défendre les actions de Tsahal contre vents et marées. «Le sniper devrait recevoir une médaille et celui qui a filmé être rétrogradé», a ainsi déclaré le ministre de la Défense Avigdor Lieberman, cité par l'AFP le 10 avril.

«On en fait beaucoup trop avec cette vidéo. Il ne s'agit pas de tirs sur n'importe qui, mais sur un terroriste qui s'approche de la barrière dans une zone interdite d'accès et en provenance d'une région contrôlée par les terroristes du Hamas», a de son côté soutenu à la radio publique le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan.

«Quel est le problème ? Il est prévu que quiconque s'approche de la frontière, armé ou pas, se fasse tirer dessus. Comme cela doit être le cas !», a écrit sur Twitter l'élu du Likoud Oren Hazan, précisant qu'il espérait que cette vidéo enverrait «un message clair à l'autre côté».

La diffusion de cette vidéo intervient alors que les Palestiniens ont entamé depuis fin mars une «Marche du retour» le long de la barrière qui clôt la frontière entre la bande de Gaza et Israël, pour commémorer l'exode de 1948. 19 Palestiniens ont été tués par des soldats israéliens lors du premier rassemblement, et neuf autres l'ont été quelques jours plus tard, le 6 avril. Parmi eux figurait Yasser Mourtaja, un journaliste, dont la mort a suscité une indignation mondiale.

https://francais.rt.com/international/49609-israel-perturbants-cris-joie-soldats-suite-tir-sniper-palestinien-video


Commentaires (1)
1. YYY le 08/09/2019 13:24
Des barbares racistes et des lâches !!!
L'armée de la bassesse, ils sont pire que des bêtes sauvages. Ils tuent des enfants et tuent pour le plaisir en riant !!!
Ils volent, violent et tuent...enfants et adultes partout dans le monde.
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