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James Jeffrey : « Les forces soutenues par Téhéran ont participé à la création de Daech »

Akram Kharief

Le représentant spécial du gouvernement américain pour la Syrie estime que Bachar al-Assad ne peut prétendre à des fonds pour la reconstruction de son pays et que l’Iran doit se désengager du conflit

À l’occasion d’une conférence de presse donnée ce mardi 20 novembre à laquelle a assisté Middle East Eye depuis Alger par téléconférence, l’ambassadeur James Jeffrey, représentant spécial du gouvernement américain pour la Syrie, a donné les dernières informations sur le conflit qui se déroule toujours en Syrie.

« Je vois le conflit syrien comme le cœur d’un désastre au Moyen-Orient avec une triple conséquence : le renforcement d’un régime terriblement dictatorial et ambitieux, une expansion de l’influence iranienne et la naissance d’un nouveau type de terrorisme avec la création de Daech en Syrie et en Irak » : c’est ainsi que l’ambassadeur Jeffrey résume la vision des États-Unis sur la Syrie aujourd’hui.
Soutien au cessez-le-feu à Idleb

Et pourtant, selon lui, la politique de Donald Trump est claire : « Nous voulons opérer une désescalade du conflit, nous soutenons le cessez-le-feu à Idleb conclu entre les forces soutenues par la Turquie, l’armée syrienne et les Russes, nous souhaitons aussi revitaliser le processus de paix sous bannière des Nations unies. Nous voulons que soit appliquée la résolution du Conseil de sécurité 2245, qui permettra d’ouvrir la voie à des négociations et à douze millions de déplacés de retourner chez eux ».

À la question sur l’engagement des États-Unis dans la reconstruction de la Syrie, James Jeffrey a répondu que son pays ne considérait pas le régime d’Assad éligible à une aide internationale ou à des fonds de reconstruction jusqu’à ce qu’il accepte de participer aux négociations sous mandat du Conseil de sécurité.

Concernant la conférence d’Astana, qui a réuni la Russie, la Turquie, la Syrie et l’Iran, l’ambassadeur a considéré qu’elle était « un mécanisme militaire de déconfliction entre la Turquie, l’Iran et la Russie, tous parties dans le conflit. Les États-Unis n’étant pas impliqués dans la création de ce processus, nous pensons qu’il est d’une utilité très limitée ».

À la question de Middle East Eye sur les raisons pour lesquelles le groupe État islamique (EI) résistait autant dans l’est syrien sous contrôle des forces pro-américaines, l’ambassadeur Jeffrey a répondu : « Les États-Unis et la coalition qu’ils dirigent ont joué un rôle central dans la défaite de l’État de Daech et de sa force militaire, en Irak et en Syrie. Ce travail est presque fini pour ce qui est des forces conventionnelles de cette organisation, et nous sommes certains que dans les mois qui viennent, nous allons parvenir à nettoyer les berges de l’Euphrate ».

« Mais à plus long terme, nous appliquerons une politique que l’on nomme ‘’la défaite soutenue de Daech’’, qui consiste en un développement des structures de gouvernance économiques, politiques et sécuritaires parmi nos partenaires locaux, qui aura pour objectif que Daech ne se régénère pas et ne réoccupe pas de terrain comme elle l’a fait en 2013-2014 ».
Compréhension envers Moscou

Sur un plan plus global, le responsable américain affirme que son pays a adopté deux positions face aux principaux intervenants dans le conflit Syrien. Pour ce qui est de l’Iran, la situation est simple pour Washington : « L’ensemble des milices et forces soutenues par Téhéran doivent partir car elles sont un des facteurs qui ont créé Daech ».

Pour ce qui est de la Russie, l’officiel américain est plus mesuré et comprend la position russe, même s’il insiste pour lui faire comprendre que tant que le régime de Bachar al-Assad n’a pas changé, les États-Unis s’opposeront à ce qu’une quelconque aide parvienne de la part de la communauté internationale pour une éventuelle reconstruction.



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