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Jeux olympique à Fukushima

georges zeter

De Fukushima, la torche olympique démarrera en mars 2020 son périple et durant les jeux il y aura les épreuves de softball et de baseball dans la ville irradiée. Il est prévus des réjouissances dans la citée ayant souffert le 11 mars 2011 d’un tremblement de terre et d’un raz de marée selon les autorités japonaises, nul part n’est mentionné l’explosion des trois réacteurs de la centrale nucléaire, de la contamination de l’air, des terres, de l’eau, des plantes, de l’évacuation de 150.000 habitants, nul part ! En plein déni. Pourtant en l’espace de quelques heures, le Japon a affronté une triple catastrophe : Un séisme, suivi d’un tsunami ayant causé une catastrophe nucléaire aussi grave que celle de Tchernobyl en 1986. Impossible d’imaginer des épreuves sportives dans la région Ukrainienne, car, un rayon de 30 km a été décrété insalubre à la vie humaine ; quant à Fukushima ? C’est oui des deux mains pour les jeux!
Tordre la réalité
Huit ans après, la catastrophe continue à se déployer. À la centrale de Fukushima Daiichi, la situation n’est toujours pas maîtrisée et il est question de rejeter plus d’un million de tonnes d’eau radioactive dans l’océan. Plus de 200 cancers de la thyroïde ont déjà été diagnostiqués chez des enfants et adolescents. La « décontamination » engagée après 2011 s’avère illusoire et les particules radioactives rejetées lors de l’accident resteront présentes dans les sols pendant des siècles.
Pourtant, les autorités japonaises, prétendant tourner la page en pratiquent le déni. 2400 balises de mesure de la radioactivité vont être retirées.
Par un tour de passe-passe le gouvernement japonais après l’accident, a revu la limite légale des doses radioactives en la faisant passer de 1m Sv/an à 20m Sv/an... 20 fois plus ! Et puis, selon un journaliste japonais, cette « opération Fukushima » aurait deux raisons cachées : 1) faire revenir les habitants, 2) ne plus les indemniser ; alors, l’opportunité des jeux, avec tous ces étrangers venant participer à des épreuves, sera bien la preuve, la caution que la région est saine, sans danger...
En parlant des étrangers...
Les médias occidentaux s’en mêlent en apportant des « témoignages indiscutables » : Pas plus tard que ARTE, qui titre sont reportage : Fukushima, 8 ans après où en est-on ? Et suit signé par François Hermellin : « Tout va bien ? A Fukushima aujourd'hui, il est possible de se promener en vêtements ordinaires à 1 km des réacteurs dont les cœurs ont fusionné et la plupart des espèces pêchées autour des côtes ne présentent plus de signes de radioactivité. Tokyo incite donc les habitants à revenir à Fukushima. Pourtant, la décontamination est loin d'être terminée. » Bref, tout baigne, les athlètes représentant la grande France pourront se faire bronzer à 200 mètres de la centrale sans aucun problème...Pourtant, dites moi pourquoi, tant d’associations, tant de spécialistes, de chercheurs mettent en doute toutes ces assertions, supportées qu’elles sont par des mesures sur le terrain, par ces millions de litres d’eau contaminés qui débordent, par ces montagnes de sacs de terre irradiée... En contre point ce reportage du Monde qui démontre le danger réel de retourner vivre là bas.
Le gouvernement encourage activement l’oubli de la catastrophe de Fukushima et les médias sont complices. Ils omettent de rendre compte de la contamination réelle, des risques sanitaires. L’élément le plus nocif pour l’environnement et la santé est le césium 137 ; il faut 30 ans pour réduire sa quantité de moitié et il reste après 100 ans à 10% de sa valeur. En fait, dans 1 siècle, le Japon sera toujours soumis à cette déclaration d’état d’urgence et la radionucléide continuera de contaminer l’eau, l’air, la terre et la nourriture.
Le baron de Coubertin, se mord les orteils dans sa tombe
...Et il y a de quoi ! Les Jeux Olympiques ont toujours été utilisés plus ou moins comme outil de propagande pour promouvoir le nationalisme. Mais ces dernières années, dans des pays économiquement exsangues, tels le Brésil, la Grèce, ça a tourné au gaspillage, car construire de nombreuses structures gigantesques sans aucune perspective d’utilisation après les Jeux, n’est que dans l’intérêt des consortiums de la construction, des entreprises de services qui font d’énormes profits, en n’oubliant pas tous les corrompus de ces gouvernements, les médias serviles et les géants de la malbouffe, du mal vivre de cette société de surconsommation. Alors, cette fois ci cela va plus loin : une clique à Tokyo qui veut à toute force faire oublier une catastrophe qui touche directement ou indirectement toute la planète, sous l’œil consentant d’un comité olympique faisant plus penser à une mafia, et des états complices, qui d’ailleurs agiraient de même en cas de situation similaire : le déni, cette nouvelle arme de la pensée...Unique. Pour bien comprendre, cela revient à tout repeindre en vert et se dire que c’est écolo, protection de la nature et tutti ! Alors que la planète se réchauffe de manière alarmante, alors que des espèces disparaissent chaque jours, alors, que de nouvelles maladies incurables éclosent comme champignons vénéneux à l’aube : Mais les jeux-must go on et les habitants retourner chez eux.
Le gouvernement japonais considère que la réussite des Jeux Olympiques de Tokyo en 2020 est un objectif primordial. Ce genre de grands événements peut distraire les gens de leurs problèmes graves, les faire déconnecter pendant 1 mois de leur triste sort. Les médias font de leur mieux pour élever la « fièvre olympique » qui fait de tout opposant aux Jeux un mauvais citoyen, dans un pays, qui de part sa culture à le sens de la communauté, le sens du sacrifice pour le groupe ; donc, les voix discordantes se taisent, et la commedia olympique aura bien lieu, Fukushima inclus !
Hiroaki KOÏDE nous dit :
- « La vérité est que le désastre de Fukushima durera plus de 100 ans et, à ma plus grande surprise, personne n’a été officiellement incriminé à ce jour, aucun représentant de TEPCO, aucun directeur, aucun ministre, aucun politicien, aucun spécialiste qui l’ait causée. Personne n’a même été accusé d’être responsable du désastre de Fukushima. Pour ajouter l’insulte à nos blessures, notre gouvernement veut redémarrer ces vieilles centrales nucléaires qui ne sont pas opérationnelles et veut exporter la construction de centrales nucléaires vers d’autres pays étrangers. Être l’hôte des Jeux Olympiques dans le pays en situation d’urgence nucléaire est absurde. Les États participants et quiconque parrainant un tel acte prennent le risque, d’une part d’être exposé à la contamination radioactive, et d’autre part d’être les complices de comportements criminels, coupables par leur silence et leur déni. »
Selon, les autorités du pays, « l’accident » comme il le nomme n’a fait aucune victime...
Après la société du spectacle, nous voici dans la société du déni, what’s next ?

Georges Zeter/avril 2019

article inspiré par celui de Hiroaki KOÏDE du 23 août 2018

voir docu du Monde :
https://www.lemonde.fr/contaminations/video/2018/09/05/contaminations-a-fukushima-le-japon-pousse-les-habitants-a-retourner-vivre-en-zone-irradiee_5350634_5347501.html


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