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L’effondrement économique a monté de nombreux Européens contre l’UE

Jade

Depuis le début de l’année, la crise du coronavirus a monopolisé la couverture médiatique au point qu’un grand nombre d’événements et de développements très importants ont été sous-estimés ou ont été complètement ignorés. Un exemple en est la décision très surprenante rendue par la Cour constitutionnelle allemande au début du mois de mai, qui a remis en cause les actions et les attributions de la Banque centrale européenne (BCE).

En substance, la décision de la cour a clairement montré que le programme d’assouplissement quantitatif (QE) de la BCE ne respectait pas le « principe de proportionnalité », abusant du mandat de la BCE, tandis que le gouvernement allemand n’a pas contesté les politiques de la banque comme il aurait dû le faire. La décision a également mentionné les effets secondaires du programme et de l’orientation générale de la politique d’ultraloose de la BCE, comme la pénalisation des épargnants et des retraités. Comme le souligne la décision officielle, « la BCE ne parvient pas à réaliser l’équilibre nécessaire entre l’objectif de politique monétaire et les effets de politique économique découlant du programme. Par conséquent, les décisions en question… dépassent le mandat de politique monétaire de la BCE ». En conséquence, la cour a lancé un ultimatum et a directement demandé à la Bundesbank de se conformer à sa décision et donc de cesser d’acheter des obligations d’État dans le cadre du programme d’assouplissement quantitatif de la BCE dans les trois prochains mois.

Bien que la décision du tribunal allemand n’ait rien à voir avec cette dernière vague d’assouplissement et d’impression de monnaie déclenchée par la crise du coronavirus, son calendrier place la situation actuelle dans une perspective différente.

Cette crise a servi en quelque sorte de « jour du jugement ». Elle a révélé les innombrables échecs, l’incompétence et le désordre au cœur même de la plupart des institutions, non seulement en Europe, mais aussi dans le monde entier. Les nations les plus décentralisées s’en sont relativement mieux sorties que celles qui ont un degré élevé de centralisation, ces dernières étant malheureusement majoritaires. Dans les nations plus centralisées, le manque de cohérence et de leadership clair, les messages contradictoires, les échecs des soins de santé publics qui ont coûté d’innombrables vies et les décisions politiques qui ont coûté des millions d’emplois et de moyens de subsistance ont tous mis en évidence les défauts de la centralisation et le manque de fiabilité des gouvernements nationaux et des organisations internationales. Et ce n’est là que la première vague de catastrophes, celles qui ont été immédiatement vues et ressenties. Il y a des conséquences et des séquelles encore plus graves en perspective, dont la plupart des citoyens ne se sont même pas encore rendu compte, comme l’effondrement inévitable des systèmes de protection sociale et les bombes à retardement de la dette dans la plupart des grandes économies.

Dans l’Union européenne en particulier, les lacunes morales, les petits jeux de pouvoir, l’hypocrisie et la panique pure et simple des dirigeants de l’Union ont été mis à nu pour que tout le monde puisse en prendre conscience. Tout ce discours sur l’amitié et la coopération entre les nations européennes, tous les discours sur la « solidarité » et la grande famille européenne, se sont instantanément révélés superficiels lorsque cette union parfaite a été confrontée à la menace du COVID. Des envois de fournitures médicales destinés à une nation ont été saisis en transit par son voisin, des médicaments ont été thésaurisés, les frontières ont été fermées, le commerce a été gelé. Le premier membre de la « famille », le plus durement touché, est resté sans aide et sans défense pendant des semaines. Le premier plan de sauvetage de l’UE, destiné à maintenir l’économie en vie face à la fermeture forcée, a été retardé par un marchandage politique, tandis que des industries entières étaient décimées et des millions de personnes mises au chômage.

L’ampleur du désastre économique commence seulement à se faire sentir et l’avenir semble sombre, même si tous les risques ne sont pas encore compris et pris en compte. La détérioration et le ralentissement économique qui ne font que commencer devraient être comparables, voire pires que la Grande Dépression, et pourraient même durer plus longtemps. Selon les chiffres d’Eurostat, l’économie de la zone euro a déjà connu le plus fort déclin de son histoire, tandis que la récession en cours devrait être bien pire que la dernière crise. Les « remèdes » qui ont fonctionné auparavant ne permettront probablement pas d’arrêter ce tsunami, tandis que les niveaux de dépenses sans précédent que nous constatons aujourd’hui dans la plupart des États membres ne sont pas viables.

Les « contrôles d’urgence » et la protection des travailleurs ne peuvent pas rester en place indéfiniment. À moins qu’ils ne soient formalisés et normalisés comme nous l’avons vu en Espagne, où un régime de revenu de base est en cours d’introduction, le premier du genre en Europe, et dont le gouvernement espagnol espère qu’il « restera pour toujours ». Il ne s’agit bien sûr pas d’une « solution », mais simplement de la nationalisation de l’économie. La planification centrale, la redistribution des revenus et la prise de contrôle du secteur privé par l’État sont toutes au cœur des divers efforts et idées de « sauvetage » qui sont actuellement mis en œuvre, et nous savons où cette voie mène réellement. Si les innombrables exemples historiques ne suffisent pas à démontrer les résultats inévitables et incontournables de ces politiques, il suffit de regarder la Chine contemporaine.

L’effondrement économique a monté de nombreux Européens contre l’UE

Pourtant, la douleur économique est déjà si répandue que les manifestations et les nouveaux mouvements commencent à avoir un impact. Les manifestations anti-confinement, les manifestations contre les locations et les affrontements avec la police sont de plus en plus fréquents dans de nombreuses capitales européennes. Le vent politique tourne également, et une fois de plus, le sentiment public se retourne résolument contre l’UE. Selon un récent sondage réalisé par Tecné, 42 % des Italiens ont déclaré qu’ils quitteraient l’UE, contre 26 % en novembre 2018, tandis que 88 % estimaient que l’UE ne soutenait pas leur pays. En France, environ six personnes sur dix « ne font pas confiance » à Bruxelles, selon une étude de l’Institut Jacques Delors.

Par conséquent, cette idée de reprise du contrôle de leur économie par les nations ne pouvait pas tomber à un pire moment pour l’UE et pour ceux qui voient une opportunité de pousser à une plus grande centralisation dans la crise de la couronne. Le soutien aux mesures qui conduiraient à une intégration plus étroite et à un pouvoir encore plus grand donné à Bruxelles est élevé parmi les personnalités institutionnelles ; cependant, il est très peu probable que ces plans soient populaires parmi les citoyens.

Bien que le fossé économique nord-sud se soit creusé de manière exponentielle en quelques mois seulement, on peut dire que la crise de la couronne a réussi à combler les écarts politiques. Les citoyens du Sud durement touchés, en particulier dans des pays comme l’Italie et l’Espagne, sont devenus nettement plus méfiants et désillusionnés à l’égard de l’UE et s’en détournent, car ils ont le sentiment qu’elle s’est détournée d’eux en leur temps de détresse. D’autre part, les citoyens du Nord, plus prospère, voient exactement comment cet effort de « sauvetage » va se terminer, comme cela s’est produit mille fois auparavant, avec eux qui doivent payer la facture pour soutenir les économies du Sud qui étaient déjà en difficulté bien avant que le coronavirus ne sorte de Wuhan.

Ce qui nous attend

Dans l’ensemble, il est peu probable que la contestation judiciaire du tribunal allemand fasse une différence pratique dans les plans d’assouplissement quantitatif illimités de la BCE
. En particulier dans un moment comme celui-ci, les taux d’intérêt négatifs et l’argent qui inonde les marchés sont tout simplement une réalité, et il n’est pas concevable que la BCE s’arrête, de la même manière qu’il est impossible pour les gouvernements de revenir sur leurs dépenses massives de sitôt. L’ampleur des dégâts qui ont été causés à l’économie, la destruction de toute forme de productivité privée, les arrêts de travail meurtriers et le désespoir des fonctionnaires qui cherchent à boucher les trous d’un navire qui coule rendent ces mesures nécessaires, tant sur le plan politique que sur le plan réaliste.

Toutefois, la décision de la Cour pourrait entraîner un changement non pas monétaire, mais politique. Il pourrait servir de signal que la souveraineté nationale est toujours sur la table, qu’elle mérite toujours d’être débattue et défendue. À cet égard, il semble que nous approchions d’une croisée des chemins et qu’il y a un choix à faire.

Soit nous acceptons passivement un avenir centralisé, où l’individu devient sans importance, sans valeur et sacrifiable, soit nous reprenons le contrôle, grâce aux principes de subsidiarité, dans lesquels les décisions sont prises au niveau le plus bas possible et toutes les voix sont entendues. Au lendemain de la crise de la couronne, cette dernière option semble déjà prendre de l’ampleur, et c’est compréhensible. Après que tant de personnes aient été laissées pour compte, trahies et ignorées, après que les droits fondamentaux aient été bafoués et que la promesse de sécurité en échange de la liberté se soit avérée être une très mauvaise affaire, il n’est pas étonnant que des alternatives soient cruellement nécessaires et qu’un virage difficile vers la responsabilité individuelle, la pensée indépendante et la décentralisation soit déjà en cours.


Traduction de Claudio Grass par Aube Digitale


Commentaires (4)
1. Thomas Pestait le 13/06/2020 02:28
L'union des européistes n'a été conçue QUE pour parasiter les peuples de leur création de richesse.
L'union des européiste ne crée aucune richesse.
Les pays du Nord ne créent pas de richesse, ils la vole au pays du Sud.
Avant que la mafia des européistes ne se mette en place, pendant que la Russie était sous les crimes des bolchéviques et la Chine sous les crimes de Mao, la troisième zone économique au monde était constituée par les pays du sud que sont la France, l'Italie et l'Espagne.
Si c'est pays se sont appauvris c'est précisément parce que les boches et leurs acolytes marranes du Nord pillent sans vergogne comme ils ont toujours pillé le Sud riche d'échanges commerciaux, de culture, d'agriculture et de créations en tout genre depuis l'antiquité.
Il faut éradiquer cette mafia d'européistes maranes apatrides !!
2. ASN le 13/06/2020 11:16
Vous savez Thomas les pays du sud de l’Europe ne se sont enrichis grâce et uniquement grâce à leurs colonies.
Le voleur est toujours volé ou rattrapé par la patrouille.
Ce que je souhaite c’est une révolution en douceur pour virer tous ces mafieux
3. Thomas Peste encore le 20/06/2020 21:47
@ ASN
Êtes-vous l'un des ces trop nombreux réducteurs des réalités de ce monde par haine de la culture occidentale ou ignorez-vous l'histoire ?
2000 ans d'histoire de France et plus de 2500 ans pour les pays de l'Europe du Sud ne se résument pas par un siècle de colonie.
Savez-vous pendant combien de temps sont rester les arabes en Espagne ?
7 siècles, soit 700 ans.
Si, pour certains, la colonisation de l'Occident sur l'Afrique ne fut pas, pour partie, un bien fait, alors dans la même logique la présence arabe en Europe ne le fut pas plus. Les arabes n'auront donc rien laissé de bien constructif. Ils sont à 100% dans le négatif.


En revanche, le néocolonialisme des années 2000 fait par la mafieuse union des européistes et de leurs amis "ricains" (deux entités étant des égrégores et non des pays) n'apporte de bien-fait que pour les apatrides occupant le pouvoir. Apatrides de la communauté organisée s'enrichissant toujours plus et bien moins pour les peuples tant colonisés que pour les peuples des pays d'où se prétendent être ces vermines mondialistes.
Le néocolonialisme n'enrichit que l'oligarchie ploutocratique constituée en tripartite finance, politique, industrie. Mais rien pour les peuples et rien pour les états.

Vous oubliez aussi le facteur travail. Les Français sont les plus rentables au monde selon une étude du medef et anglaise. La France n'a pas eut besoin de colonie pour savoir créer de la valeur ajouté. Son histoire, ses oeuvres et ses invention suffisent pour témoignage. Et cela est encore le cas aujourd'hui.

Merci de vous pencher sur l'histoire de votre pays, de votre culture et sur celle des autres.
4. Lecteur le 21/06/2020 17:18
@Thomas
Je ne joins absolument pas ASN dans son commentaire, et votre réponse vient à point.

En revanche, je suis surpris par ce survol de l'histoire économique de l'Europe qui réduit l'apport des pays Scandinaves, la Grande Bretagne, l'Allemagne et les Pays Bas dans la construction de la richesse dans le continent.

Quand aux Bolchéviques, eux aussi ont crée beaucoup la richesse et ne l'ont pas volé. L'URSS a bien été une puissance militaire et la conquête de l'espace a été sous le régime bolchévique. Ceci ne sont que deux exemples pour montrer à quel point le système communiste a contribué au développement d'un pays formé à l'origine par des paysans.

Et pour finir c'est bien Mao qui a mis la Chine sur les rails du développement économique et qui c'est lui qui était à l'origine du développement économique autour du parti unique.

C'est aussi bien de sortir des clichés qui font des pays catholiques du sud de l'Europe des pays qui ont crée la richesse pendant que les autres pays regardaient.
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