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Les traîtrises expliquent l'invincibilité de l'armée sioniste, des pays arabes derrière l'isolement de la Palestine

Abdelkrim GHEZALI

La suprématie d'Israël étant évidente, les gesticulations de responsables de certains pays du Golfe ne sont utiles que parce qu'elles expliquent l'arrogance de l'Etat hébreu qui redouble de férocité face à l'isolement manifeste des Palestiniens.

Après le prince héritier de l'Arabie saoudite, Mohamed Ben Salmane, MBS, c'est au tour de l'ancien Premier ministre et chef de la diplomatie qatarie, Hamed Ben Jassem, HBJ, de poster sur son compte Tweeter, sa reconnaissance du «droit» d'Israël d'édifier un Etat sur les «territoires de leurs ancê-tres», c'est-à-dire les territoires palestiniens occupés. Ces déclarations pour le moins superflues dans la mesure où ce ne sont certainement pas ces reconnaissances qui vont changer quelque chose aux rapports de force géopolitiques prévalant dans la région du Moyen-Orient.


La suprématie d'Israël étant évidente, les gesticulations de responsables de certains pays du Golfe ne sont utiles que parce qu'elles expliquent l'arrogance de l'Etat hébreu qui redouble de férocité face à l'isolement manifeste des Palestiniens. Le rapprochement de certaines monarchies pétrolières remonte aux années soixante puisque une chercheuse de l'Ifri, Elisabeth Marteu, affirme que l'Arabie saoudite a été soutenue militairement par Israël lors de la première guerre du Yémen de 1960, contre l'Egypte qui soutenait les républicains, alors que Riyadh et Israël soutenaient les royalistes. D'ailleurs, lors de la guerre d'Octobre 1973, l'Arabie saoudite avait refusé d'y participer militairement, se contentant de prendre part au blocus pétrolier. Quant aux rapports secrets qu'entretenait le royaume du Maroc avec Israël, ils sont tombés dans le domaine public depuis que d'anciens officiers supérieurs de l'armée sioniste sont devenus prolixes. Ainsi et après Meit Amir, chef du Mossad entre 1963 et 1968, c'est au tour de l'ancien chef du renseignement militaire israélien, Shlomo Gazit qui a parlé de l'apport de Hassan II à Israël pour remporter la guerre des Six-Jours. Pour ce général, l'aide du Maroc a été déterminante pour l'armée israélienne pendant la guerre des Six-Jours en juin 1967. Dans son témoignage, Shlomo Gazit affirme que le royaume du Maroc a permis aux Israéliens de suivre minute par minute le Sommet de la ligue arabe de 1965 tenu du 15 au 18 septembre à Casablanca, consacré exclusivement à l'examen des conditions de préparation des armées arabes dans la perspective d'une nouvelle confrontation avec Israël. La réunion était réservée aux chefs d'Etat, aux chefs des renseignements et aux chefs des armées. L'invincibilité de l'armée sioniste s'explique amplement a posteriori.

En fait, beaucoup de pays de la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, se sont empressés de normaliser les relations avec Israël avant même que les accords de paix signés par Arafat et Rabbin n'aient donné des résultats concrets en faveur des Palestiniens. Si la direction politique palestinienne a mal géré ce dossier en faisant d'énormes concessions, sans arracher grand-chose en retour, des pays arabes, voire la majorité, n'attendaient que cette poignée de mains entre Arafat et Rabin, pour ouvrir les bras à l'Etat hébreu qui est sorti gagnant de ce pseudo accord d'Oslo. Cet empressement injustifié ne sera compris que des années plus tard lorsque les langues se délieront pour révéler que des contacts secrets existaient longtemps avant les accords d'Oslo. «Nous entretenons des relations, en partie secrètes, avec des pays islamiques et arabes. D'une façon générale, ce n'est pas quelque chose qui nous gêne, et c'est plutôt l'autre partie qui tient à garder le secret. Mais si nous n'avons d'ordinaire aucun problème en ce qui nous concerne, nous respectons le souhait de l'autre partie lorsque ces relations prennent une certaine dimension, que ce soit avec l'Arabie saoudite ou avec d'autres pays arabes ou islamiques. Certaines de ces relations sont très avancées, mais nous les tenons secrètes.» La déclaration en novembre 2017 du ministre israélien de l'Energie Yuval Steinitz à la radio de l'armée sioniste sur l'établissement de contacts secrets entre Israël et l'Arabie saoudite qui seraient également préoccupés par le voisin iranien n'ont suscité aucun commentaire officiel des États du Golfe. Cette information est rapportée par le site Orient XXI, dans un article. Doha et Amman étaient les premières capitales à ouvrir dès la fin de la conférence de Madrid en 1996, des bureaux commerciaux israéliens fermés symboliquement en 2000 lors de la seconde Intifadha. En 1997, lors de la deuxième conférence du défunt processus de Barcelone, tenue à Stuttgart, un rapprochement s'est opéré entre la Mauritanie et Israël. Depuis, le forcing des lobbies occidentaux pro israéliens, n'ont pas cessé de faire pression sur les pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord pour les emmener, sinon à normaliser leurs relations avec Israël, du moins à ouvrir des canaux de dialogue. A partir de 2011, et étrangement avec le début de ce qu'on appelle «Printemps arabes», l'Arabie saoudite et Abou Dhabi ont entamé leur rapprochement avec Israël. Le «péril iranien» est tout trouvé pour justifier ce que ces pays rêvaient de faire depuis longtemps. Si l'Iran n'existait pas, Riyadh l'aurait inventé.



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