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Nadia Murad et son Prix Nobel : la paix pour les Yazidis et la mort pour les Palestiniens ?

Al-Quds Al-Arabi

L’attribution à Nadia Murad, une Irakienne kurde yazidie, du Prix Nobel de la Paix (avec un docteur congolais) a réjoui de nombreux Irakiens, en particulier les Kurdes et les Yazidis qui se sont reconnus dans sa terrible histoire : elle a été violée par l’Etat islamique, qui a aussi tué ses parents et six de ses frères. Ce prix a été considéré comme une reconnaissance du monde entier envers les femmes victimes de violences sexuelles.

Cette attribution a aussi réveillé les douleurs de nombreuses femmes dans le monde arabe, selon les circonstances régionales : certaines se demandent pourquoi les femmes violées dans les prisons du régime syrien, qui se comptent par milliers, ont été ignorées. D’autres évoquent les prisonnières palestiniennes dans les prisons israéliennes ou les viols commis par l’armée birmane et ses milices sur des milliers de femmes rohingyas ; d’autant que Aung San Suu Kyi, Première Ministre du pays et véritable responsable des viols et du génocide, est lauréate du Prix Nobel de la Paix.

Toutes les femmes du monde, y compris les Birmanes, les Palestiniennes et les Syriennes, auraient pu se réjouir de l’obtention par Nadia Murad de ce prestigieux prix et de sa précédente nomination comme ambassadrice des Nations-Unies, et la considérer comme une icône de leurs souffrances physiques et morales. Mais la rapide promotion de Nadia Murad, passée de prisonnière de l’Etat islamique au statut de star internationale, a été accompagnée de surprenants paradoxes.
Nadia Murad s’est rendue en Israël

Ces paradoxes sont résumés par une déclaration grave de Nadia, pleine de contradictions. Elle a déclaré qu’elle adoptait un « point de vue impartial au sujet de tous les conflits du Moyen-Orient », avant d’ajouter qu’elle se considérait « engagée » par son message humanitaire « de défense de tous les opprimés aux quatre coins du monde ».

Il faut croire que c’est son point de vue « impartial » envers les conflits au Moyen-Orient et sa « défense de tous les opprimés » qui ont poussé Nadia Murad à se rendre en Israël pour s’entretenir avec des membres de la Knesset sur les persécutions et meurtres dont étaient victimes « son peuple ». Elle a fait part de sa « grande joie » d’être en Israël et a considéré que « ce pays qui a connu l’holocauste comprend les crimes commis par Daech contre le peuple yazidi et de nombreuses minorités en Irak et en Syrie ».
Un scandale de harcèlement sexuel

En plus de ces paradoxes, il ne faut pas oublier que le Prix Nobel de littérature de cette année a été annulé après un scandale de harcèlement sexuel ayant conduit à la démission de nombreux membres du conseil de l’institution suédoise décernant ce prix, dont sa Présidente Sara Danius, et Katarina Frostenson, épouse d’un homme accusé de harcèlement sexuel et dont la Princesse Victoria, file du Roi de Suède Carl Gustav (qui a lui-même été témoin du harcèlement), fait partie.

Avec tous ces paradoxes et les malheureuses déclarations de Nadia Murad elle-même, il est possible de distinguer deux lignes directrices au Prix Nobel de la Paix. La première est liée à l’institution elle-même et ses orientations orientalistes (et droitières en général) quand il s’agit de citoyens de pays musulmans. Ses prix sont donc soupçonnés d’obéir à une ligne hostile à la culture musulmane et favorable à Israël. La deuxième concerne le parcours que doivent suivre les candidats au Prix pour l’obtenir : la petite Nadia Murad (qui ressent de la compassion pour les Israéliens comme s’ils avaient vécu la deuxième guerre mondiale, mais demeure impartiale quand il s’agit des souffrances des Palestiniens) a suivi ce parcours à la lettre, ce qu’on ne peut pas mettre uniquement sur le dos de sa naïveté politique.
Une victime bien choisie

C’est ainsi que le Prix Nobel, qui est l’institution européenne la plus respectée et sacrée mais qui souffre à son tour de scandales sexuels, a choisi (ou préparé ?) une victime qui lui convenait et qui cachait les autres. Beaucoup de militants considèrent cela comme une forme de « viol civilisationnel » qui condamne de manière partiale les violences sexuelles faites aux femmes avec la bénédiction d’Israël tout en ignorant avec insolence les souffrances de millions d’autres femmes.



Commentaires (2)
1. Joshua le 10/10/2018 09:16
"...elle a été violée par l’Etat islamique...",

Ne soyez pas naïf cher journaliste, ne cautionnez pas la stratégie maçonnique en reprenant à votre compte la rhétorique sémantique anti-Islam à l'œuvre en Occident depuis quelques décennies maintenant.
En tant que professionnel des mots et de la rédaction, avec un peu de courage et d'honnêteté, vous auriez dû écrire : "...elle a été violée par des mercenaires de Daesh, filiale de la CIA dans la région...". Le terme d'Islam n'a rien à faire là.
2. Philistin Goliath le 10/10/2018 14:49
Est ce que les palestiniens sont au courant qu'ils descendent des cananéens et des philistins misraimites (pour ceux de Gaza)?? Quand est ce qu'ils vont enfin se décider à balancer cette vérité historique,religieuse et anthropologique à la face de ces sionistes incultes qui continuent de nous faire croire qu'ils sont en face d'arabes saoudiens envahisseurs ??
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