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Pentagone aux Turcs : « Vous nous attaquez – nous riposterons agressivement »

Marko Marjanović

 

    Les deux plus grandes armées de l'OTAN se balancent des menaces, des avertissements et des ultimatums.
 

    Le gouvernement turc exige que l'armée étasunienne se retire des environs de Manbij, au nord de la Syrie et à l'ouest de l'Euphrate. Les États-Unis refusent de le faire. Les Turcs menacent d’attaquer Manbij, que les États-Unis y soient toujours présents ou non. Ils ajoutent qu'ils ne seront peut-être pas en mesure de faire la distinction entre les miliciens kurdes et les troupes étasuniennes, et qu'ils pourraient s’en prendre aux deux. Une délégation de hauts gradés du Pentagone a été envoyée à Manbij pour délivrer le message « Nous riposteront agressivement si nous sommes attaqués. » Tout cela se passe réellement. Souhaitons la bienvenue à 2018, année où les nations ayant les deux plus grandes armées de l'OTAN, se balancent des menaces, des avertissements et des ultimatums.
 

    Le Pentagone, par son dévoué New York Times, s'assure que son message a été bien transmis :
 

    Deux généraux supérieurs des États-Unis se sont rendus mercredi sur la ligne de front à l’extérieur de la ville syrienne de Manbij. Des drapeaux étasuniens géants flottaient sur leurs véhicules, pour le cas où les forces pro-turques, positionnées de l'autre côté du no man's land, à 20 mètres de là, ne réaliseraient pas qui ils étaient.

    « Nous sommes très fiers de nos positions ici, et nous voulons nous assurer que chacun le sait, » a déclaré le major-général Jamie Jarrard, commandant des opérations spéciales en Irak et en Syrie de la coalition étasunienne.

    Au cas où le message destiné aux Turcs n'était pas clair, le commandant de la coalition accompagnant le général Jarrard, le lieutenant-général [trois étoiles] Paul Funk, a précisé : « Vous nous attaquez, nous riposterons agressivement. Nous allons nous défendre. »

    C’était le premier voyage au front, dans le nord de la Syrie, d’officiers supérieurs de l’armée étasunienne, depuis que le Président turc a menacé d'attaquer la ville de Manbij, la qualifiant de bastion de terroristes et exigeant que les forces étasuniennes décampent.

    Or – tout dernier rebondissement de la guerre de sept ans en Syrie – en refusant, les Étasuniens ont créé la possibilité d’un conflit armé sans précédent entre deux alliés de l'OTAN, États-Unis et Turquie.

 

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Sur la ligne de front du nord de la Syrie, Étasuniens et Turcs se dirigent vers une confrontation tendue
Un correspondant et un photographe du New York Times ont accompagné les généraux en visite dans le nord de la Syrie, où un conflit armé est désormais possible entre États-Unis et Turquie.

 

    Il est certain que si ça tourne au vinaigre, les Russes et les Syriens ne vont pas se crever à rouspéter.
 

    Mais que les États-Unis et la Turquie s’écharpent ou non, il est déjà sûr que les mandataires des Turcs tirent au jugé sur les troupes étasuniennes, et que les mandataires formés par les États-Unis sont décimés par leur propre allié de l'OTAN :
 

    Les décideurs politiques étasuniens craignent que le conflit d'Afrine et la menace contre Manbij ne crée la débandade chez leurs alliés kurdes et arabes.

    « Je pense que notre plus gros souci est que tout ce qui empêche chacun de se focaliser sur ISIS et d’éliminer entièrement le califat – et, chose que les gens ne pouvaient imaginer il y a un an, nous en sommes très près, très très près –, tout ce qui nous perturbe ou nous en détourne, n'est pas bon, » dit le général Jarrard.

 

    Pour rendre tout cela encore plus étrange, cela se déroule à un moment où les deux armées coopèrent toujours ailleurs. Les États-Unis continuent à se servir de la base aérienne turque d'Incirlik, et peut-être fournissent-ils des données des avions AWACS aux Turcs à l’assaut d’Afrine.
 

    Marko Marjanović est rédacteur en chef adjoint de Russia Insider depuis 2014. Checkpoint Asia est son projet après les heures de travail.

Original : russia-insider.com/en/pentagon-nato-member-turkey-you-hit-us-we-will-respond-aggressively/ri22522
Traduction Petrus Lombard
 



Commentaires (1)
1. Tom France le 16/02/2018 16:46
Je n'y crois pas une seconde à ce genre de déclaration des turcs! Ils continuent d'être dans l'OTAN et de maintenir la base d'icirlik pour l'armée us malgré tout. D'ailleurs, l'agression contre Afrin n'aurait pas pu avoir lieu sans l'aval discret des us ou du moins, d'une partie de l'état profond us. Je pense que tout cela se finira par un accord entre turcs et us au détriment de la Syrie et qui permettra à celle ci d'occuper une partie de manbij avec afrin.
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