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Pour l’UE, l’équilibre budgétaire d’abord, la vie des Français on verra après?

Kamal Louadj

La Commission européenne vient de rendre publiques ses évaluations des propositions de budgets pour 2018. Sans surprise, aucun mot sur la crise financière et bancaire, et beaucoup de recommandations d’ajustements structurels.

La Commission européenne vient de rendre public, mercredi 22 novembre, son rapport sur les évaluations des projets de budget 2018 des pays de la zone euro. La France, concernant son déficit budgétaire, a encore une fois été portée sur la liste des mauvais élèves de l'Europe. Certes, avec un peu plus de délicatesse que l'année passée, mais seulement, parce que beaucoup est attendu d'elle sur le chantier des réformes structurelles, concernant essentiellement les dépenses de l'État.

Paris, dans sa proposition de budget 2018, table sur un déficit de 2,8% du PIB, pas loin des 3% fixés par les règles de la zone euro. Cependant, les experts de Bruxelles l'attendent beaucoup plus sur la question de l'effort structurel qui doit être porté à 0,6% du PIB. Alors que sur ce point précis, Bercy n'a prévu qu'un effort de 0,1%. Ce pourcentage est revu à la baisse par ces experts qui, après des calculs, pensent que la France sera uniquement capable d'un effort de moins de 0,4%.

Mais selon le même rapport, cette situation pourrait s'améliorer, si la croissance française arrive à un taux soutenu de 1,7%. Chose qui n'est vraiment pas sûre.

Pour Bruxelles, la réduction de la dette publique française, attendue à 96,9% du PIB en 2018 doit impérativement passer par des efforts structurels.

«Plusieurs États membres supportent encore des niveaux élevés d'endettement public, ce qui limite leur capacité à investir pour l'avenir. Ces pays devraient saisir l'occasion qui leur est offerte pour consolider leurs finances publiques, y compris en termes structurels», a souligné mercredi Pierre Moscovici, le commissaire à l'économie et à la fiscalité.

D'autres pays européens ont aussi présenté des budgets non conformes. Il s'agit de l'Italie, de la Belgique, du Portugal, de l'Autriche et de la Slovénie alors que la Commission européenne exige une rigueur parfaite dans la gestion de leurs dettes publiques.

Cependant, essayons maintenant de scruter les conclusions de ce rapport dans une perspective plus large, incluant les faits réels des économies de ces pays, en prenant en compte la crise bancaire et financière internationale, loin d'être réglée comme le montre la situation des banques italiennes, qui ne semble pas intéresser la Commission européenne.

Rappelons, avant tout, que des milliers de milliards d'euros et de dollars ont été déversés par les banques centrales américaine et européenne depuis la crise financière de 2008 afin de renflouer les banques, soutenir les marchés, d'endiguer la crise et de faire remonter l'inflation dans les différentes zones économiques. Le résultat est sans appel, un échec total. Ni emplois, ni reprise économique et ni inflation ne sont au rendez-vous. A-t-on décidé d'arrêter ces plans de sauvetage et de procéder au dégraissage des banques? Certainement non. Ces banques centrales continuent à acheter les obligations pourries des banques, et sont seules responsables de la remontée des marchés financiers, à cause de leurs injections monétaires.

Alors, est-ce bien raisonnable de demander au peuple de se serrer encore la ceinture, via des coupes budgétaires supplémentaires exigées par les ajustements structurels, dont les répercutions seront lourdes de conséquences sur la vie des gens, ce que l'Europe demande à tous ces pays de faire, tout en continuant par ailleurs de soutenir ceux qui sont à l'origine de la crise?



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