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Qu’est-ce que la femme ? Pour des 8 mars de la conquête du savoir

Prof. Chems Eddine Chitour

«La femme est l’avenir de l’homme».

Louis Aragon

Rituellement et par suivisme on se rappelle de l’apport de la femme pour commémorer toujours par suivisme un évènement qui a démarré aux Etats Unis et qui a concerné des femmes occidentales dans un contexte particulier. Depuis c’est devenu la mode de mettre la femme en avant pour ensuite l’oublier pendant 364 jours. En fait il n’est de conquête que par un processus d’émancipation endogène non par rapport à l’homme mais par rapport à l’ignorance. Les pays musulmans et surtout arabes, n’ayant pas de vision pour leur peuple font dans le mimétisme ravageur d’un Occident qui série dicte la norme du bien et du mal

Qu’est-ce que la femme ?

Dans ce XXIe siècle de tout les dangers, la science bouscule tout les repères biologiques , identitaires et culturels . Même les religions n’arrivent pas à suivre et n’arrivent pas à développer un discours cohérent vis-à-vis des avancées de la science dénuées d’éthique. Il est admis en effet, que l’Occident est à bien des égards « sorti » de la religion comme gardienne de repères sans pour autant en faire un fond de commerce comme le fit l’Eglise et même les gardiens de l’Orthodoxie musulmane, et du judaïsme excluant de ce fait tout libre arbitre- pour aller vers la libération multi- dimensionnelle allant jusqu’à problématiser le devenir de l’enfant , comme ce sera le cas dans certains pays où l’enfant est vêtu d’une façon indifférente comme un petit garçon ou comme une petite fille, alimentant de ce fait la théorie Queer , un théorie outre atlantique en Europe la théorie du genre qui fait que c’est à l’enfant de décider ce qu’il veut être fille ou garçon donnant corps à la fameuse sentence de Simone de Beauvoir : « On ne nait pas femme , on le devient »

Au-delà des « avancées scientifiques » notamment de la césarienne, de la peridurale qui font que la femme n’enfante plus dans la douleur tel que dit dans la Bible , dans le monde du futur qui risque d’être structuré par le transhumanisme, le rôle de la femme en tant que matrice est remis en cause avec la PMA , les futurs utérus industriels . Le rôle de la femme devenant de plus difficile à cerner. La frontière est floue puisque rien de fondamental ne séparera la femme de l’homme dans une nouvelle humanité hybride homme machine avec les promesses à terme de l’immortalité

S’il est vrai que le statut de la femme est différent en Orient ou en Occident, je ne suis pas sûr que la femme en Occident après deux siècles de lumière où sous les coups de boutoir du positivisme de la modernité , l’Eglise héritière du judaïsme , gardienne du Temple et ayant fait- contrairement au sacerdoce du Christ- soit aussi le lieu de l’infériorité et de l’asservissement de la femme ; La modernité a mis le curseur totalement de l’autre côté de la morale de l’éthique. On assiste depuis un demi-siècle à un démantèlement de la cellule familiale à la confusion des rôles au non de la liberté individuelle. Naturellement le libéralisme sauvage y fait son beurre. Mais qu’en est y réellement du statut de la femme dans les religions et notamment dans l’Islam objet de "toutes les sollicitudes" de la part d’un Occident qui veut le faire rentrer dans la norme ?

Pour l’historienne Zohra Credy : « Le statut de la femme est une question qui alimente les débats aussi bien en Orient qu’en Occident. Ce qui est frappant c’est que dans les deux camps le discours est réducteur. En Occident on parle d’un islam, comme si l’islam était un. Le dogme ne s’impose pas partout et de la même façon à toutes les sociétés musulmanes. L’islam a été traversé par plusieurs courants et continue à être l’objet de multiples interprétations. En Orient, le discours islamique a tendance à réduire l’islam à un code régissant le statut de la femme et plus encore avec les islamistes à sa tenue vestimentaire. Le même juriste qui après avoir pris son verre de vin, peut regagner le tribunal et légiférer sur la base de lois religieuses ! Schizophrénie ? Peut-être ! C’est autour du statut de la femme que se cristallise le débat entre modernité et tradition depuis plus d’un siècle. Les techno-sciences ont imposé une certaine modernité aux sociétés arabo-musulmanes et on a l’impression que dans ce déchirement entre la modernité et la tradition certains cherchent à cantonner la femme dans son rôle de gardienne de la tradition islamique pendant que d’autres misent sur son émancipation ». (1)

Zohra Credy accuse les gardiens du dogme de ne pas faire preuve d’audace dans l’interprétation. Le problème jusqu’à quelle limite faut il être audacieux sans décrocher dut texte et aussi sur quel texte nous devons nous appuyer en priorité . le Coran ou les hadiths ? « Si l’égalité homme/femme écrit-elle pose encore problème c’est parce que certains musulmans ont décidé de continuer à recourir à des législations qui ont été établies au 9ème siècle. Cette décision n’a aucune légitimation coranique. Au contraire le Coran invite l’homme à s’adonner en permanence à l’interprétation des textes, à l’effort intellectuel pour les comprendre et les adapter en fonction des lieux et des circonstances (Al-Ijtihad). Les Musulmans ont l’islam qu’ils veulent avoir. L’islam rationnel et tolérant d’Ibn Rochd de Cordoue (Averroès) n’est pas l’islam salafiste et rigoriste d’ibn Taymiyya, fondateur de la doctrine fondamentaliste rigoriste wahhabite ». (1)

Le statut de la femme dans le Christianisme et le Judaïsme

«Toutefois, ajoute elle ,la discrimination de la femme n’est pas un problème particulier à l’islam. C’est pourquoi, les approches occidentales sur l’islam manquent d’objectivité car toutes les religions oppriment la femme au nom de lois divines, les textes de Saint Augustin et de Saint Paul sont éclairants à ce sujet. Saint Paul s’appuyant sur l’Ancien et le Nouveau Testament fonde le principe de la suprématie de l’homme sur la femme « Comme l’Eglise est soumise au Christ, ainsi soient soumises en toutes choses les femmes à leur maris » () Aujourd’hui, en Israël, Etat théocratique, ce que l’occident semble l’oublier, le statut de la femme obéit à la loi Talmudique. () Du fait de l’emprise des lois religieuses sur le droit de la famille en Israël, l’égalité homme femme n’existe pas. La gestion du divorce et du mariage est placée sous l’autorité exclusive des tribunaux rabbiniques depuis 1951. Il n’y a pas de mariage civil en Israël. Le divorce est un droit unilatéral masculin. La femme qui n’obtient pas le get, soit une déclaration de l’époux auprès du tribunal rabbinique acceptant le divorce, se trouve agunah , c’est-à-dire enchaînée à son mari. Si elle se remarie, son mariage est illégal et l’enfant issu de ce mariage est illégitime et dépourvu de droit. Par contre sans déclarer le get le mari peut se remarier et son mariage est béni par la loi religieuse» (1)

« L’islam conclut elle n’a donc pas le monopole de l’oppression de la femme, le discours des islamistes rencontre aisément celui des religieux juifs sur le terrain des discriminations de la femme. Le procès fait à l’islam à travers le port du foulard, vu comme une atteinte à la dignité de la femme, me semble d’autant plus inapproprié que le discours sur le voile oublie souvent que la République a colonisé l’Afrique du Nord. Pendant la période coloniale, la France n’a importé ni la laïcité ni l’émancipation de la femme ». (1)

Les repères à suivre

Loin de moi de décrire la marche à suivre pour que la femme soit l’égale de l’homme et le dépasse. Cependant, je suis de ceux qui sont convaincus que seul le savoir permettra à la femme de gagner ses galons, ce n’est ni un cadeau ni une aumône. Faut il rappeler pour autant que le droit de vote n’a été accordé aux femmes en France qu’en 1946 soit vingt ans après la Turquie d’Atatürk, que les femmes n’avaient pas le droit d’avoir un compte chèque jusqu’au début des années soixante dix. Ce n’est pas le fait de faire des quotas au sein des Assemblées Nationales vues comme des records qui feront que l’émancipation de la femme est acquise. Ce qui compte ce n’est pas l’aspect quantitatif mais l’aspect qualitatif, nous l’avons vu avec la déclaration intempestive, d’une députée inculte qui a failli problématiser un vivre ensemble déjà bien fragile. Un proverbe du terroir de l’Algérie nous apprend que « Kamcha nhale khir man chouari dhabbane » « Une poignée d’abeilles est de loin préférable à des sacs de mouches »

Dans cet ordre , et sans aller dans le détail , je vais décrire quelques héroînes qui ont parqué l’histoire de l’Algérie, ensuite je veux passerai en revue des exemples de réussite musulmans en formulant l’histoire que nos jeunes filles suivent ce chemin , celui du travail de la sueur , de la réflexion des études sérieuses loin de toute emprise idéologique. Naturellement ce que je crois être les invariants d’un islam millénaire doivent nous servir de repères et de fonds rocheux mais en l’occurrence, il s’agit justement d’ijtihad au sens de l’effort

Les Algériennes qui ont marqué l’Histoire

Je veux présenter d’abord les héroïnes qui peuvent être pour nous des icones à suivre pour leur combat pour l’Algérie Ces femmes invisibles des battantes qui ont marqué l’histoire de l’Algérie Les Algériennes de coeur, qui ont défendu l’Algérie et qui méritent mille fois d’être à l’honneur, bien que leur modestie et leur grandeur d’âme leurs interdisent de faire dans le m’as-tu-vu et d’être aux premières loges pour avoir les faveurs des gouvernants et surtout à mille lieux de l’image que nous nous faisons de nos mères, humbles et discrètes. Le but de ce plaidoyer pour la femme est de convaincre qu’au-delà de la dimension de mère d’épouse, qu’il faut absolument conforter, le combat des femmes a donné ses lettres de noblesse à l’histoire de ce pays. Aussi loin que nous plongeons notre regard dans notre histoire, nous trouvons sans difficulté comme exemple de bravoure : l’Algérienne.

La première héroïne qui nous vient à l’esprit est Tin Hinan la princesse du Hoggar. Tin Hinan est le nom que des traditions orales donnent à l’ancêtre originelle des Touareg nobles du Hoggar. Tin Hinan serait, selon la tradition touarègue, une princesse originaire de la tribu Berabers, dans le Tafilalet; A la même époque, qui a entendu parler de Roba la berbère dont le sacerdoce a été récupéré par l’Eglise romaine? Au septième siècle , une autre héroïne Kahina Dihya ou Damya reine guerrière berbère zénète des Aurès qui combattit les Omeyyades lors de l’expansion islamique en Afrique du Nord au VIIe siècle. Plusieurs penseurs disent que c’est une des premières féministes bien avant le Moyen Âge et une des premières reines guerrières de l’Histoire.

Un autre fait glorieux qui met en scène la femme algérienne est celui du mystère de Fatma Tazoughert (la rouquine?). Unique femme, dit-on, des siècles après la Kahina, qui ait régné avec majorité sur les Aurès et perpétué le matriarcat, on la retrouve partout dans les chansons des «Rahabas» et les «contes». Nous arrivons au XIXe siècle, la figure altière de Lalla Fatma N’Soumer nous interpelle. En effet, lors de la phase de conquête, les troupes coloniales françaises eurent à affronter en Kabylie, une armée dirigée par une femme, Lalla Fatma N’Soumeur appellée la Jeanne d’Arc algérienne par son adversaire le maréchal Randon. Quand on pense avec quelle sollicitude en France Jeanne d’Arc est convoquée pour conforter un récit national fragile alors qu’en Algérie, ce sont des dizaines de Jeanne d’Arc qui peuvent valablement constituer la trame d’un récit national trois fois millénaire !!!

Nous ajouterons , Lalla Zineb, l’insoumise à la tête d’une grande zaouïa de l’ouest a marqué son époque à la fin du XIXe siècle . Elle lutta pied à pied avec le pouvoir colonial qui voulait l’évincer au profit de son cousin plus conciliant. Rien n’y fit, elle dirigea la zaouïa de main de maitre jusquà sa mort Pourquoi tant d’auteurs européens lui ont consacré des pages vibrantes Pourquoi l’Université de Berkeley lui consacre une étude monumentale et que l’Université algérienne semble en ignorer l’existence? Lalla Zineb se rappelle les récits des rescapés Mokrani. Elle se souvient de tous les chefs de confrérie écrasés par la machine de guerre coloniale, les Ouled Sidi Cheikh, les Bouamama, les Haddad.

Bien plus tard, les héroïnes de la guerre de Libération furent nombreuses Elles sont des exemples à prendre pour la jeunesse. Ces jeunes filles et dames n’avaient pas dépassé pour la plus part vingt cinq ans Il est impossible de recenser toutes celles qui -surtout modestement- ont contribué à l’Indépendance du pays. . Il est impossible de recenser toutes celles qui -surtout modestement- ont contribué à l’Indépendance du pays. Ces milliers d’anonymes dont il faut revivifier le souvenir se distinguent par leur «invisibilité» estimant qu’elles n’ont fait que leur devoir et n’ont pas à en faire un fonds de commerce. C es mères de ces sœurs de ces épouses qui ont rendu possibles chacune à sa façon la libération du pays du joug colonial.

Les femmes et le savoir dans la société iranienne

Si la femme algérienne veut s’émanciper, il est important qu’elle arrache le droit d’être éduquée. Cela ne sera pas suffisant, c’est à elle d’aller à la conquête du savoir. Je veux proposer dans ce qui suit quelques exemples de réussites dans un pays musulman, en l’occurrence l’Iran. Le premier exemple qui me vient à l’esprit est celui de Maryam Mirzakhani morte récemment en juillet 2017 ? Elle avait 40 ans et la vie devant elle. « Cela me brise le cœur…, partie bien trop tôt», a écrit Firouz Michael Naderi, scientifique américano-iranien et ancien de la Nasa, sur Twitter «Un génie ? Oui, mais aussi une fille, une mère et une épouse.» Maryam a battu nos attentes, en remportant une médaille d’or à l’Olympiade internationale de mathématiques en tant que première étudiante iranienne à le faire. Mirzakhani est un bijou pour toutes les femmes iraniennes et pour toutes les femmes du monde entier. Elle est un modèle pour être humble et humain ainsi que ses capacités intellectuelles et académiques.» Elle fut élève du lycée Farzanegan de Téhéran, un lycée pour jeunes filles surdouées dépendant du Sampad, Mirzakhani obtient un BSC en mathématiques en 1999 de l’université de technologie de Sharif à Téhéran, et un doctorat de mathématiques de Harvard en 2004 elle est nommée, à l’âge de 31 ans, professeur de mathématiques à Stanford après avoir été maître de conférences à l’université de Princeton. Maryam Mirzakhani était devenue, en 2014, la première femme lauréate de la plus prestigieuse récompense en mathématiques.» Après avoir boudé pendant une dizaine d’années ces olympiades du fait de résultats catastrophiques, l’Algérie a renoué depuis quelques années avec les concours.

L’année de la médaille Fields de Maryam Mirzakhani avait correspondu en Algérie à un événement attristant, celui d’un mimétisme ravageur d’un Occident qui met en œuvre une macdonalisation des cultures. Il fallait singer l’Occident non pas dans ses prouesses technologiques mais dans ce qu’il a de plus débilisant et dégradant. Ainsi dans une de mes contributions, j’avais étalé mon désespoir suite à l’élection de Miss Algérie 2014 au moment ou Maryam Mirzakhani recevait la médaille Fields, «() Dans l’Algérie de 2014, plus que jamais, le peuple est ’accompagné » dans ce qu’il y a de plus stérile en termes d’intelligence, de créativité. Ainsi, rituellement, comme au temps de l’Empire romain décadent, on distrait la plèbe, la canaille, les ’sans-dents », dirait le président Hollande, avec du pain et des jeux de cirque : "Panem et circenses » " Pain et jeux de cirques" Notre faute , vient plus globalement de l’errance, de l’état d’esprit qui fait le manque de cap culturel, le désarmement moral, le laisser-aller sans stratégie d’ensemble qui font fait que chacun se croit autorisé à faire ce que bon lui semble, à être dans l’air du temps, à singer ce que l’Occident a de plus pervers, alors que le pays risque de s’effriter identitairement et est en passe de rater le train du progrès.»

On ne s’arrêtera pas de le dire, il n’y a que le savoir qui doit passer ! Il a fallu donc attendre 78 ans avant que la médaille Fields ne soit décernée à une femme. Hassan Rohani, a posté un tweet félicitant Maryam Mirzakhani, lauréate de la médaille Fields de mathématiques. «Félicitations à celle qui devient la première femme à remporter la médaille Fields et rend les Iraniens très fiers», écrit le dirigeant de la République islamique sur son fil Twitter. Loin des clichés occidentaux qui présentent l’Iran sous un jour couleur de soufre, la réalité est tout autre ! «Derrière chaque grand homme se trouve une femme plus grande, comme le dit le célèbre dicton. Si je peux ajouter humblement, derrière chaque grande nation se trouve une grande montagne d’hommes et de femmes innovantes, résilientes L’un des engagements les plus importants de la Révolution islamique était de fournir une éducation universelle aux Iraniens, indépendamment du genre et de la classe sociale. Aujourd’hui plus de 60% des universitaires sont des femmes. Selon la Banque mondiale, les femmes iraniennes se répartissent uniformément dans les secteurs économiques de l’éducation, de l’agriculture, de l’administration et des finances. De plus, en sciences, tout en rompant les frontières liées au genre, la première femme musulmane et le premier Iranien à se rendre à la station spatiale internationale était Mme Anousheh Ansari en 2006. (2)

De même, Mme Maryam Mirzakhani a fait de l’histoire en 2014 en tant que première femme et la première Iranienne à être honorée du prix le plus prestigieux en mathématiques, la médaille Fields. Elle a été professeur de mathématiques à l’Université de Stanford. L’Iran toujours eu une grande contribution aux progrès mathématiques et scientifiques grâce aux grands hommes comme al-Khawarizmi (l’inventeur de l’algèbre), Omar Khayyam (résolution des équations du 3e degré par la méthode graphique…), Il ne faut pas oublier que les femmes iraniennes sont aussi commandants de bords sur les avions .L’une d’elle est d’ailleurs PDG d’Iran Air Enfin chacun sait que Shirin Ebadi est la seule femme musulmane à avoir reçu le prix Nobel de littérature

L’Iran : est-ce le pays des miracles ou le pays du travail bien fait et de la rigueur ?

De nos jours, l’Iran est une puissance technologique performante. Elle est à des années-lumière des autres pays musulmans. Elle fabrique ses chars, ses avions et ses drones. Selon le Global Security (organe du Pentagone), l’armée de l’air iranienne est, quant à elle, capable de construire des avions de chasse type F4, des F5 et des F-17. Sa marine compte six sous-marins type SSK Kilo et serait en train d’en terminer quatre autres. Ses missiles sont très divers, de courte, moyenne et longue portée. Par ailleurs, l’Iran a créé et mis sur orbite son premier satellite. Dans un article élogieux, publié le 18 août 2008, le journal américain Newsweek, que l’on ne peut pas soupçonner pourtant d’empathie avec l’Iran, décrit le miracle : « En 2003, surprise des responsables du département d’Electronical Engineering de l’Université de Stanford, qui constatent que les meilleurs étudiants aux difficiles épreuves d’admission à leur cycle Ph.D. proviennent d’un même pays et d’un même établissement : la Sharif University of Science and Technology en Iran. Les parents privilégient, s’agissant de l’orientation scolaire de leurs enfants, les formations d’ingénieurs et la médecine aux autres disciplines. Une sélection rigoureuse : chaque année 1 500 000 lycéens passent un examen d’entrée à l’université, 10% d’entre eux s’orientent vers les universités publiques les plus prestigieuses et 1% parmi les plus brillants, telles que Sharif ». (2)

Ou en sommes nous dans le pays ?

Une grève de plus qui plonge encore plus le système éducatif dans la tourmente . Une grève qui fait que l’enseignant revendique des acquis salariaux comme tous les travailleurs des autres secteurs. On l’aura compris le piège actuel de l’éducation est qu’elle gère des problème qui ne sont pas des ses prérogatives ! Loin s’en faut ! Par contre on l’aura compris l’acte pédagogique est totalement absent des revendications des syndicats et de la tutelle. Ce qui compte c’est de sauver l’année, c’est-à-dire le rituel du contenant et non le contenu, à savoir l’acte pédagogique et la façon dont il sera assimilé par l’élève maintenant qu’il est possible de sauver l’année avec des semaines de grève, quitte à faire appel à l’irrationnel

Le système éducatif algérien est malade du fait d’une lente détérioration de l’acte pédagogique et de la tentation de la facilité, Nous devons regarder vers le futur. Cependant, comment voulons nous faire émerger les disciplines scientifiques si on sait que les lycées techniques creusets des bacs les plus durs ( Mathématiques techniques) ont été carrément supprimés que les maths ne représentent que 2 % du total des élèves du secondaires, alors que ce chiffre est de 35% en Allemagne de 25 % en Iran ; Cerise sur le gâteau le laminage des matières scientifiques est consacré dans les études supérieures avec la disparition des filières d’ingénieurs et de techniciens ! Enfin La proportion de filles dans les disciplines de mathématiques et physique et technologique gagnerait à être plus élevée.

Conclusion

Où en sommes-nous de cette errance qui nous incite à commémorer les fêtes décidées par les autres dans d’autres contextes ? Doit on fêter ce 8 mars comme un solde de tout compte annuel de notre reconnaissance envers ces femmes ,nos mères nos filles nos épouses ou avoir constamment à l’esprit par des preuves au quotidien de notre attachement à ce qu’elles font pour nous ? Les vrais défis du pays sont d’avoir une vision pour le futur, De sursis en sursis, la crise morale est toujours là ! Comment la conjurer au-delà du fait d’un consensus des partis politiciens qui font de l’école et de l’université une caisse de résonance. Il nous faut un projet dans la durée ! Imaginons cette jeunesse -en panne d’espérance- soit fascinée par l’avenir elle serait prête à se défoncer pour le pays, c’est aux hommes politiques de leur donner du grain à moudre au lieu de les habituer à la pente dangereuse de la facilité, porteuse de tous les dangers.

Nous avons besoin de réhabiliter dans les faits nos repères et miser à marche forcée sur l’économie de la connaissance. L’Algérie ne peut rien faire sans une participation pleine est entière de la moitié de la population représentée par l’élément féminin Pour cela, il nous faut déconstruire les repères occidentaux et se ressourcer à nos propres valeurs, sinon nous continuerons dans un mimétisme ravageur à singer beaucoup de «valeurs» discutables de l’Occident perpétuant ainsi le mal le plus grand, l’errance qui fait de nous à Dieu ne plaise, des zombies ballotés dans tous les sens, par une doxa occidentale du magister dixit. Tous nos repères sont brouillés. Ne persistera en définitive, que le décorum sans épaisseur de cette commémoration sous forme d’une grande bouffe rituelle tous les 8 mars, une « zerda » pour utiliser un terme de l’Algérie profonde. Non, nous devons nous réveiller de ce grand sommeil Les brillantes performances des iraniennes ne doivent rien au hasard, elles sont issues d’un creuset de l’élite, mot encore tabou en Algérie. Jusqu’à quand nous ne comprendrons pas qu’il faut faire la place aux légitimités du neurone ? La question reste posée.

Prof. Chems Eddine Chitour

Notes :
1. Zohra Credy : Le Statut de la femme dans le monde arabe http://arretsurinfo. ch/authors/zohra-credy: 25 novembre 2017
2. http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2017/07/17/article.php?sid=216500 &cid=41



La source originale de cet article est Le Quotidien Oran


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