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Que ce soit d’une façon ou d’une autre, les Israéliens exterminent les Palestiniens

Sputnik International


    Il est prévu que des dizaines de milliers de Gazaouis manifestent vendredi. Ils reprendront la Marche du Grand Retour qui a débuté le 30 mars avec plus de 30 000 manifestants. Ils ont été atrocement réprimés ce jour-là par les massacreurs israéliens qui prétendent que la manifestation était dirigée par le Hamas [qu’est-ce que ça change ? NdT]. La manifestation devrait se poursuivre jusqu'au 15 mai.


    Un porte-parole du ministère de la Santé de Gaza a informé Sputnik qu’au moins 15 Palestiniens ont été tués et plus de 1500 blessés simplement le premier jour des manifestations à la frontière entre Gaza et Israël. Selon des responsables de Gaza, plus de 750 Palestiniens ont été abattus par les massacreurs israéliens le premier jour et 36 autres ont été abattus le lendemain.


    « Que ce soit d’une façon ou d’une autre, les Palestiniens sont tués. Les Palestiniens sont tués soit par des balles quand ils dorment dans leurs lits, soit par des bombes tombées du ciel, soit par manque d'eau, soit par maladie, soit ils sont blessés dans les bombardements, et ils n'ont pas accès aux soins de santé, » dit Miko Peled. « Ils sont aussi tués quand ils se dressent et résistent, » dit à Sputnik Miko Peled, écrivain et militant israélien né à Jérusalem. « De toute façon, les Palestiniens sont tués tout le temps… ils sont tués simplement parce qu'ils sont Palestiniens. »


    Selon les médias israéliens, les Palestiniens entassent des pneus – qui sont en général brûlés pour gêner la visée des massacreurs – pour préparer la manifestation de masse qui aura lieu vendredi. Israël a jusqu'ici reproché au Hamas d'avoir organisé des « émeutes » de 17 000 Palestiniens à cinq endroits le long du mur frontalier. Pourtant les articles des médias israéliens parlent d’une d'organisation de 20 personnes incluant « l'ensemble des partis et mouvements politiques palestiniens, » au lieu d’une opération du Hamas.


    « S'il n'y avait pas de Hamas, il y aurait toujours la marche, » dit Peled.


    Eric Goldstein, vice-directeur du Moyen-Orient de Human Rights Watch, une ONG dont le siège est à New York, a publié dans un communiqué de presse du 3 avril : « Les soldats israéliens ne faisaient pas juste usage d'une force excessive, mais avait des ordres pour garantir quasiment aux manifestants palestiniens, une putain de réaction militaire sanglante. »


    La manifestation exige le droit des Palestiniens à revenir dans leur patrie. Selon l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine, soixante-dix pour cent des 2 millions d'habitants de Gaza sont eux-mêmes des réfugiés ou sont des descendants de réfugiés. La manifestation devrait se poursuivre jusqu'au 15 mai, qui est la date connue sous le nom Jour de l'indépendance d'Israël, ou Jour de la Nakba pour les Palestiniens. Al-Nakba signifiant « la catastrophe » en arabe.


    « Bien que les gens se réfèrent habituellement à ce qui s’est passée en 1948, c'est vraiment un processus qui a commencé en 1948, qui était catastrophique et est toujours catastrophique, ça n'a pas vraiment pris fin, » a dit Peled à Sputnik. « C'est un processus qui inclut le génocide et il correspond à la définition du crime de génocide tel que le définit la Convention de Genève. C'est un processus qui inclut le nettoyage ethnique, et c'est encore ce qui est décrit dans le droit international. Et c’est un processus dans lequel les Palestiniens qui restent, qui n'ont pas été tués ou forcés de partir… vivent sous un régime d'apartheid ; de ségrégation raciste légalisée. »


    « Nous avons 2 millions de gens qui vivent dans la bande de Gaza sans accès à l'eau potable, » a déclaré Peled à Sputnik. Il a ajouté que Gaza n'a jamais été habitable, bien qu'Israël y ait « entassé comme du bétail » des centaines de milliers de gens du sud de la Palestine. « Il n'y a pas d'accès aux soins de santé parce qu'Israël décide qui reçoit et qui ne reçoit pas des soins de santé… ils ne peuvent pas se faire soigner et il n'y a pas de centre de soins médicaux. Et bien entendu, il y a très souvent des bombardements. »


    Jason Greenblatt, le représentant spécial étasunien pour les négociations internationales dans la région, a dénoncé les manifestants palestiniens dans une déclaration le 5 avril, où il dit que les États-Unis condamnent « les dirigeants et les manifestants qui appellent à la violence ou qui envoient des manifestants – qui incluent des enfants – à la frontière en sachant qu’ils peuvent être blessés ou tués. »


    « Les Palestiniens qui marchent vers la barrière et qui veulent entrer et aller de l'autre côté ne sont pas des gens qui tentent de s'infiltrer à travers une frontière, mais des gens qui tentent de quitter leur prison pour rentrer chez eux et sur leurs terres. La façon de décrire cela est que ces sauvages et furieux Palestiniens tentent de détruire une frontière internationalement reconnue, » a dit Peled à Sputnik. « Ce n'est pas une frontière reconnue, c'est une clôture de prison, une clôture qui a été édifiée pour emprisonner ces gens et ils veulent tous avoir le droit de la franchir et de passer de l'autre côté. Leurs maisons – leurs terres et leurs maisons sont de l'autre côté et ils ont le droit d'exiger d'y retourner. »


    Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a dit dans sa déclaration du 5 avril, « J’exhorte en particulier Israël à faire preuve d’une extrême prudence dans le recours à la force pour éviter des victimes. »


    Afin d’empêcher un autre massacre similaire, Peled dit que la communauté internationale doit exiger le boycott, le désinvestissement et des sanctions (BDS) contre Israël. « Il faut renvoyer tous les ambassadeurs israéliens chez eux et faire revenir là où ils sont rattachés tous les ambassadeurs qui sont à Tel-Aviv. Il faut envoyer des porte-avions pour briser immédiatement le siège de Gaza et fournir des soins humanitaires aux habitants de Gaza, » a déclaré Peled à Sputnik.


    « Ils doivent le faire sans condition et immédiatement, » a-t-il conclu.


Sputnik International, 6 avril 2018

https://sptnkne.ws/hj7X
Traduction Petrus Lombard




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