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Restructuration des hôpitaux de Paris : chronique d'une gaffe annoncée

rt.com

Les syndicats se sont massés sous les fenêtres du bureau de Martin Hirsch le 28 juin pour dénoncer son projet de réunir les hôpitaux parisiens en méga-structures. Les manifestants craignent une casse sociale et un impact sur la qualité des soins.

«Super-structure», «méga-structure», «supra-structure»... Les syndicats ne tarissent pas de superlatifs pour décrire – avec une pointe d'humour aigre – l'ambition du directeur de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, de regrouper les groupes hospitaliers parisiens dans de grands ensembles dont la destination finale demeure pour le moins confuse...

Selon la CGT, il s'agit d'«une véritable usine à gaz» qui peut se résumer à deux mots : «mobilité et économies.» Le syndicat ajoute : «Les directeurs, les gestionnaires et les cadres sup' ont trouvé un nouveau motif pour satisfaire le gouvernement. Cela va se traduire inévitablement par une diminution de l’offre de soins et une diminution des effectifs.»
Rationalisation et «fleximobilité» : bienvenue en technocratie ?

Le syndicat Sud-Santé s'est massé sous les fenêtres de la direction de l'AP-HP le 28 juin pour dénoncer le projet du directeur Martin Hirsch et alerter le public sur les conséquences désastreuses que pourraient engendrer ce projet de grand ensemble hospitalier parisien.

Apollinaire Bonnerreau, porte-parole du syndicat Sud-Santé et soignant à l'hôpital Pompidou à Paris, résume ainsi la situation au micro de RT France : passer d'une structure de 39 hôpitaux «qui fait de nous le plus grand centre hospitalier universitaire d'Europe» à une «structure de trois groupes hospitaliers universitaires [GHU].»




Cathy Le Gac, co-secrétaire générale de Sud-Santé, semble sceptique quand elle évoque ces nouveaux grands ensembles : «Il n'y a pas de raison de faire ces méga-structures, on fonctionnait déjà très bien quand on était un seul hosto. On a décidé de faire des groupes hospitaliers et maintenant on décide de faire des supra-groupes hospitaliers qui sont liés à l'université de médecine.»




Et la syndicaliste de prévenir : «Déjà nos urgences sont saturées et il a été annoncé par l'Agence régionale de santé qu'il y aurait des problèmes aux urgences cet été... [cette décision] va accentuer les problèmes aux urgences. Le personnel va être mis à mal et il va y avoir de la fleximobilité, sans augmentation de salaire, bien sûr.»




Le ruissellement des avanies... AP-HP en berne et moins de moyens en banlieue

Apollinaire Bonnerreau fait également valoir que la rationalisation et la perte de moyens dans les hôpitaux parisiens ne seront pas sans conséquences pour les structures hospitalières de banlieue, qui dépendent en partie des moyens parisiens.

Selon lui, un fossé se dessinera donc à l'avenir entre médecine parisienne et médecine de banlieue : «On aura trois super méga structures dans Paris intramuros et des hôpitaux de moins bonne qualité en banlieue. Aujourd'hui, ces hôpitaux font partie de l'AP-HP et ils bénéficient de la puissance de l'AP-HP. Quand il y a besoin d'investissement, l'AP-HP investit là-bas. Demain, il n'y aura plus d'obligation.»





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