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Ruée coloniale sur la ville d'al-Quds

Fadwa Nassar

La ville d'al-Quds et ses environs subit à l'heure actuelle un des plus graves assauts sionistes, depuis 1967, date à laquelle la capitale palestinienne a été entièrement occupée. Fort du soutien américain, du silence européen et de la connivence de régimes arabes, notamment jordanien et saoudien, l'entité sioniste s'est abattue sur la ville sainte musulmane et chrétienne, dans une tentative de supprimer la présence palestinienne.

Face à ce massacre civilisationnel, les Maqdissis abandonnés par « la communauté internationale », dont les « frères arabes et musulmans », tentent de sauver ce qui peut l'être, en attendant le sursaut de la conscience des peuples arabes, et surtout celle des dirigeants de l'Autorité palestinienne, soumis à des pressions occidentales et arabes, pour leur faire accepter le plan américain de la liquidation de la cause palestinienne.

L'occupation coloniale de la Palestine a déclenché la course contre la montre, en intensifiant les colonies sionistes, en démolissant les maisons et les immeubles considérés gênants pour son extension, en modifiant les traits culturels et civilisationnels de la capitale palestinienne, en encerclant les lieux saints, la mosquée al-Aqsa en premier lieu, en essayant d'y contrôler la présence des fidèles et en supprimant aux Palestiniens venus d'autres régions le droit d'y pénétrer. La furie coloniale qui s'abat sur la ville d'al-Quds se traduit par les nombreuses arrestations quotidiennes que l'occupant sioniste mène, des enfants la plupart du temps, et les nombreuses interdictions à s'y trouver aux alentours, méthode typiquement sioniste pour donner libre cours aux colons. Mais aussi par la présence de colons, arrivés de France et des Etats-Unis principalement, pour en « découdre » avec les Musulmans et les Arabes, en multipliant les provocations immorales à l'encontre de la population autochtone. Al-Quds prouve une fois encore qu'il est le lieu de la confrontation entre la civilisation arabo-musulmane et l'obscurantisme barbare issu de l'Occident.

A Kfar Aqab, dans la banlieue d'al-Quds, ce ne sont plus des maisons individuelles que l'occupant veut démolir, mais un quartier entier, composé de plusieurs immeubles, qu'il prétend avoir été construits sans son autorisation. C'est le « massacre démographique » de Kfar Aqab, selon lequel 140 familles risquent l'expulsion de leur bourg, que des colons venus d'ailleurs s'apprêtent à avaler. 300 mille Palestiniens sont menacés d'expulsion de la ville, d'après le plan de judaïsation accéléré que la municipalité coloniale met en place. Dans Jabal al-Baba, des Palestiniens nomades et sédentaires sont pourchassés, des écoles construites par l'Union européenne sont démolies, parce que l'occupant a décidé de relier ses colonies entre elles autour de la ville sainte, et que toute présence palestinienne, quelle qu'elle soit, lui fait obstacle.

Les projets du téléférique, et celui de relier la mosquée al-Aqsa à la ligne du tram reliant al-Quds à Tel Aviv, sont des projets coloniaux par excellence, visant à développer la présence des sionistes dans la ville au détriment des Palestiniens. Sous le prétexte d'organiser la circulation, ces projets n'ont pour but que d'assurer le contrôle colonial de la ville palestinienne et d'enserrer les Palestiniens dans des réduits de plus en plus étroits. L'entité sioniste veut décupler l'arrivée des touristes en organisant des festivités, religieuses et profanes, dans la ville sainte, pour masquer le caractère palestinien, arabo-musulman de la ville et empêcher ces touristes de voir les Palestiniens. Al-Quds sans Palestiniens a été et est toujours le rêve morbide des sionistes.

Au moment où la profanation quotidienne de la mosquée al-Aqsa par des dizaines, voire des centaines de colons parfois, se poursuit, les dirigeants sionistes ont installé des caméras de surveillance aux portes de la mosquée, en vue de contrôler les fidèles, qui sont de plus en plus privés d'y accéder. Des centaines de Maqdissis ont été arrêtés au cours de ces derniers mois, et en ce jour même, le responsable du Fateh, Hatem Abdel Qader ainsi que 6 jeunes filles, âgées entre 16 et 18 ans, pour empêcher toute réaction à la judaïsation effrénée de la ville.

Cependant, les dirigeants de l'invasion sioniste de la Palestine masquent par leur frénésie coloniale leur crainte de voir s'évanouir la promesse que leur a faite le lord anglais Balfour, il y a un siècle. Ils savent que leur colonisation et leur maintien sur cette terre dépendent de plus en plus d'une normalisation de relations, qu'ils espèrent avec des régimes arabes, et notamment de ce qu'ils pensent être à la tête de ces régimes, le régime saoudien. Ils pensent que l'argent et le pétrole de la monarchie peuvent régler leurs problèmes, en premier lieu celui d'être acceptés par les peuples arabes et musulmans, et s'imaginent qu'il suffit de claquer les doigts, à la manière saoudienne ou américaine, pour que les peuples se soumettent. C'est sans compter sur la résistance dans la région, qui se renforce et s'élargit, et qui hante leurs nuits et leurs jours, comme les nuits et les jours de leurs nouveaux alliés arabes en puissance.

Les colons qui ont envahi la Palestine savent qu'ils ne sont pas capables d'affronter une révolte populaire dans al-Quds, al-Khalil ou Nablus, si les forces de la sécurité de l'Autorité palestinienne arrêtent leur collaboration sécuritaire avec l'occupant, et cela pourrait arriver. Par ailleurs, les dirigeants militaires de l'occupant craignent toujours une riposte des Brigades al-Quds, branche armée du Mouvement du Jihad islamique, malgré toutes les pressions arabes exercées sur le mouvement pour l'empêcher d'agir. Depuis des semaines, ils attendent et menacent, fortifient leurs positions et exécutent des manœuvres militaires, dans le but de rassurer les colons installés dans le pourtour de la bande de Gaza, qui n'osent plus « vivre comme avant ».

Une colonie aux abois, modèle de la barbarie moderne, se lance frénétiquement dans la judaïsation de la ville d'al-Quds et de la Palestine, parce qu'elle sait que son heure est comptée, puisqu'elle est devenue incapable d'affronter la résistance, palestinienne et arabe. Elle espère, comme elle le fait depuis le début du siècle dernier, créer des états de fait. Mais pour le peuple palestinien et sa résistance, seule la Palestine libre de toute colonisation, du fleuve à la mer, est un état de fait. Le reste dépend d'un rapport de forces, et ce rapport risque à tout moment de basculer.



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