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UNE SIMPLE PETITE QUESTION

Zeinab Abdelaziz

UNE SIMPLE PETITE QUESTION
Une simple petite Question


C’est amusant de voir comment Eglise et papes continuent à façonner le christianisme, et tout le monde accepte, se tait calmement ou plutôt saintement ! Le pape François vient d’instaurer, le 3 mars 2018, une nouvelle fête de Sainte Marie Mère de l’Eglise. A partir de cette année, diocèses et paroisses célèbreront tous les ans la fête de “la bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’Eglise“, le lundi de la Pentecôte. Cette qualification de la Vierge Marie, comme Mère de l’Eglise, avait été établie officiellement par le pape Paul VI en 1964, à la fin du concile Vatican II, le 21 novembre 1964, dans son discours d’approbation de la Constitution dogmatique sur l’Église « Lumen Gentium », tout en ne faisant pas partie de celle-ci...

Etendue obligatoirement à l’Eglise universelle, cette nouvelle célébration comprendra des lectures de l’Evangile selon Jean où le Christ en croix dit à Marie et Jean : “Femme, voici ton fils“, “Fils, voici ta mère“ (Jn 19, 25-34). A partir de cette année, tous les calendriers et les livres liturgiques devront faire apparaître cette mémoire pour la célébration de la messe, et la lecture du bréviaire comprendra le texte de la proclamation de Paul VI.

De son côté, le Catéchisme de l’Église catholique a intégré officiellement dans la foi catholique ce vocable riche en signification théologique même s’il n’a pas été le résultat d’un vote lors du dit Concile Vatican II. Mais bien avant, l’Eglise a été nommée « l’Épouse de Jésus Christ », et c’est pour cette raison précise que le refus du divorce a été imposé aux adeptes dès les premiers siècles : car cela signifierait en même temps la possibilité de la rupture même du christianisme. Le concile œcuménique d'Éphèse (431) et les suivants, notamment le concile œcuménique de Chalcédoine proclament Marie comme étant « la Théotokos », c’est-à-dire « la Mère de Dieu ».
Saint Paul, célèbre le Christ « Tête du Corps, c’est-à-dire de l’Église » (Col 1,18) dans son épître aux Colossiens. Au XIIe siècle, Isaac de l’Étoile, moine cistercien, a mis en valeur l’union du Christ et de l’Église, la maternité de Marie envers le Christ et à l’égard de l’Église : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare donc pas » prouve-t-il.

En décrétant cette fête, qui réimpose un titre déjà existant, le pape François espère que cette mémoire favorisera la croissance du sens maternel de l’Eglise et une vraie piété mariale, car la nouvelle fête de Marie Mère de l’Eglise exprime la « maternité spirituelle » de la Vierge dit-il, et le souhait de rappeler que tous les disciples du Christ doivent ancrer leur vie dans trois grandes réalités : la croix, l′hostie et la Vierge.

Sans se rendre compte peut-être (?), l’Eglise dote la très sainte vierge de quelques titres multifonctionnels : Mère du Christ, Mère de l’Eglise, Mère du Dieu Jésus, qui est déjà la Tête de l’Eglise, ce qui ne sonnent pas très catholiques avec les titres de Jésus qui est déjà marié avec l’Eglise ! Que signifie cette nouvelle célébration officielle, qui souligne une caractéristique de la Vierge Marie, qui est à la fois Mère du Christ, et Mère de l’Eglise, qui est déjà Epouse du Christ ?

La simple question que je pose : Jésus est-il Dieu, Fils de Dieu, Epoux de l’Eglise, donc Epoux de sa Mère ou bien l’Epoux de sa Sœur, l’Eglise étant devenue encore une fois, il y a quelques jours, : la Fille de « la bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’Eglise » ?!
Zeinab Abdelaziz
Le 5 mars 2018


Commentaires (7)
1. Dan Vhv le 06/03/2018 13:07
Brillante démonstration de l'imposture que cette Eglise qui se permet tout... et prouve par-là qu'elle fait bien partie de l'élite qui impose ce qu'elle pense bon pour elle, à tous les autres qui n'ont pas le choix... sauf, à envoyer balader tout ça par la fenêtre, ce qu'il conviendrait de faire à défaut de l'avoir déjà fait depuis longtemps... combien de temps encore va-t-on devoir se farcir toutes ces bêtises qui empêchent au plus grand nombre à relever la tête... et à commencer à penser par soi-même?!
2. Zeinab Abdelaziz le 06/03/2018 14:41
@ 1. Dan Vhv

Je me pose la même question que vous ;
Merci pour la clarté de votre réponse.
3. linea le 06/03/2018 19:58
Et la France dans tout ça ? Elle est la fille aînée de l'Eglise, ce qui fait de Marie la grand-mère de la France.

l'affirmation est valide (que Dieu me pardonne)
4. Zeinab Abdelaziz le 07/03/2018 06:47
@ 3. linea

Sympathiquement sympathique !

Dire la vérité n'est point un péché, surtout si on comptait les p'tits enfants ?
5. YYY le 07/03/2018 13:43
Merci Madame Abdelaziz.

C'est alarmant! L’imbroglio tricoté de mailles d’abbé-ra-sion et de non sens...
Les évangélistes arrivent même à prétendre être Chrétien, tout en reniant le Christ ?! allant jusq'à faire face au mur des Lamentations.
6. Fabienne S le 08/03/2018 11:02
Bonjour, je me permets juste de préciser que la raison pour laquelle le divorce n'est pas concevable dans la religion catholique (à condition d'être marié à l'église), c'est uniquement parce que le mariage religion est un sacrement. Qui dit sacrement dit "béni par Dieu". Ce que Dieu a uni, nul homme ne peut le désunir. Ce n'est pas plus compliqué que ça !
7. Zeinab Abdelaziz le 08/03/2018 16:28
6. Fabienne

Merci pour votre précision, Fabienne, c'est ce que l'église dit aux adeptes..

Mais ce dieu dont vous parlez, ce n'est pas le prophète Jésus qui a été déifié par l'église
au premier Concile de Nicée en 325 ?

Ce même Concile a été réuni par ordre de l'empereur Constantin qui voulait réunir l'empire grâce à une seule religion pour faciliter sa gouvernance. Donc c'est à cause d'un ordre politique que Jésus a été déifié.
Ce qui n'a rien à voir avec un vrai Dieu.
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