alterinfo.net

Twitter

L’ENFERMEMENT DES MACRONS EN PUISSANCE

saïdab

En ces temps de jaune interactif trépident autour d’une revendication généreuse d’un pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple, pour une moralité politique et une justice sociale (fin 2018/début 2019), j’ai à cœur de partager une pensée rédigée en 2000, il y a dix-huit ans !, que je mets à jour avec la question actuelle sur la santé mentale du président, que je pose ici différemment : ce monsieur est-il plus fou que ses prédécesseurs, ou que la majorité des Français ? Ma réponse est oui ; et non (je n’ai pas atterri en Normandie à mon arrivée en France il y a trente trois ans pour rien ...).

Des hommes et des placards
Posons le postulat que nous sommes tous « fous », nous verrons plus loin en quoi. Macron et ses prédécesseurs sont alors nécessairement plus fous puisque désignés par les urnes comme les plus aptes à présider aux destinées du pays. Pourtant, ils se conduisent en prédateurs. Comme si la France était une bête moribonde qu’ils pouvaient découper tranquillement ; dans un concert de slogans républicains contredits par une répression hargneuse d’un mouvement populaire qui s’amplifie. Et à quoi de nombreux corps de métiers y compris institutionnels emboîtent le pas, condamnant la lâcheté des donneurs d’ordres et la barbarie de certains exécutants. Ne parlons pas des médias du courant principal qui naviguent à tâtons et à contre courant de l’histoire. Alors que ce pays est réputé parmi les plus modernes du monde, libéral, égalitaire, et fraternel !

Cette dépossession du peuple de ses droits légitimes par des élus pose un problème dont le phénomène GiletsJaunes ne fait que confirmer de façon aveuglante et assourdissante un processus avancé de dérèglement sociétal, qui autorise cette question : une dérive d’une telle ampleur dans l’exercice d’un pouvoir légal serait-elle due à une perturbation endocrinienne liée à un enfermement psychique originel ? Car les dirigeants ne semblent pas seuls à être ineptes, inaptes, inadéquats dans leurs fonctions de gestion/régulation.

De petits responsables comme les gigantesques patrons des cartels, les philosophes scélérats ou les chansonniers pervers, les commentateurs fourchus ou les parents par défaut le sont (nous sommes majoritaires à être des parents par défaut, ne vous faites pas d’illusion). A des degrés divers mais les résultats sont proportionnellement désastreux parce que, au bout du compte, la prison mentale, qui aboutit à la prison architecturale, est pour les grands ce que le « placard » ou « éducation » est pour les petits (contraintes, sanctions, menaces, privations, morale ; développé deux paragraphes plus bas). Ils sont différents en un point : l'enfermement des petits verrouille tout au départ quand celui des grands coince à l'arrivée. Ils sont identiques en un point : les deux trappes ouvrent des perspectives socioéconomiques infinies à une multitude grouillante de candidats à projets conformes qui brassent un volume de misères, de solitudes et de déviances proportionnel à l’éviction de la morale dans la vie publique et privée des élites qui nous gouvernent, enfermées entre soi. Au commencement ...

… Au commencement, l’enfant à placard est « insupportable » dit-on. Un minimum de bonne foi nous ferait admettre que les parents, ou plutôt les circonstances, ne le sont pas moins. Mais la bonne foi demande un niveau de conscience ou de raison difficile à mettre en branle parce que nous sommes nombreux à porter une boîte noire en nous dont nous ignorons et l'existence et les modalités de fonctionnement. D'un autre côté, il est à peu près établi que le moyen le plus efficace d'obtenir d'un enfant qu'il se comporte « comme il faut » est d'en faire autant à son égard. « Comme il faut » ! Est-ce « comme il faut »t de menacer ou promettre, sanctionner ou récompenser, tyranniser ou laisser faire ? Que l’on essaie de répondre à cette interrogation sans se cacher derrière des justifications types qui enferment encore plus dans une conscience opacifiée par des erreurs de jugements induites ; depuis si longtemps. Car enfin il est à peu près admis que le parent insupportable a probablement lui-même subi des conditions marâtres en son temps, à l'origine de sa boîte noire à lui, dont il transfert une majeur partie de l’intensité à ses enfants ; surtout le premier ...

Dans ces conditions générales et en attendant de définir qui de la poule ou de l’œuf aura donné l’autre, à savoir si ce sont les fous qui ont inventé le pouvoir ou le pouvoir qui produit la folie, la première mesure qui saute à l’esprit simple est d’exclure le placard de la panoplie des mesures dites « éducatives ». Parions qu’une telle mesure réduirait de quatre-vingt douze virgule soixante quinze pour cent au bas mot le risque de voir le noir intense devenir pour un imaginaire naissant la seule texture qui lui soit familière. Qui le rassure, dont il aura besoin et qu’il recherchera toute sa vie parce que son cerveau ne reconnaît pas les autres nuances et qu’elles l’agressent ; si elles ne le terrifient pas. Cette option simple réduirait d’autant les répercussions malheureuses des tentatives d’extraction ultérieures comme l’E2C, les centres éducatifs renforcés, les psychothérapies à fragmentations, l’emprisonnement à récidives ... Ainsi que le harassement des Serviteurs de l’Ordre Public dont le zèle les fait haïr par leurs concitoyens alors même qu’ils tentent de les protéger.

Telles que les choses se passent, l’encombrement cérébral se transmet de jeunes enfants enfermés en adultes cloisonnés, et donne lieu à des stratégies par défaut désastreuses qui se pratiquent sous forme d'une tactique attribuée pédantesquement à l'autruche. Ça consiste à basculer son corps vers l'avant jusqu'à ce que sa queue vienne se placer à la verticale de son corps, la tête allant se coincer entre les pattes pour un immobilisme garanti, les orifices de l’ouïe bouchés. Une différence notable avec l’animal à plumes étant que quand un homme de responsabilité enfouit sa tête, c'est la société entière qu'il ensevelit dans son placason, ses étagères-prison individuelles. Comme vous le savez probablement, parité augmentée oblige, les femmes de responsabilité sont des super hommes en matière de stratégies déviantes, dont la pratique s'est banalisée au point que les hangars pour individus en souffrance prolifèrent et débordent sur la voie publique. Mais chacun parvenant à tenir sa tête à l'abri des solutions possibles, tout le monde peut se convaincre de ne rien voir. Ainsi les gestionnaires de la chose publique peuvent-ils continuer à dresser leur Queue de Grande Allure au-dessus de leurs têtes, convaincus de leurs pouvoirs à dominer de travers en toute impunité.

Ils ne constatent pas que des semblables mutent autour d'eux et que les mutations se font contagieuses. Certains se transforment en oiseaux de proie à l’adolescence pour donner naissance ensuite à des rongeurs à crêtes ; ou l'inverse. D’autres se construisent eux-mêmes en kits de queues modulables, sous couvert du secret défense. Les gestionnaires ne voient toujours rien. Ils ne voient pas que des bébés viennent au monde avec des cornes stratifiées et des extrémités clignotantes ! Que les cornes se ramifient, s'entrechoquent et s'emmêlent dans un espace qui se réduit au fur et à mesure des nouvelles fournées, à un rythme qui s'emballe. Ils ne voient pas que les queues qu'ils dressent fièrement au-dessus de leurs personnages variables ne sont que de vulgaires postiches qui servent de camouflage identitaire à leurs corps sans densité, dans une tentative vaine d'échapper à un destin qu'ils croient encore pouvoir tromper. Mais le destin ne peut pas être trompé ; il n’existe pas. C'est chacun pour soi qui se trompe puisque chacun agit comme dépourvu d’une mémoire d’espèce, étanche à la majestueuse beauté de notre monde. Occupés à fouiller frénétiquement le sol sous nos pieds à la recherche de la lumière d'un jour que nous laissons filer jour après jour, déchiquetés en lambeaux de salami par nos barbelés psychomoteurs (même pas en "tranches" comme dirait Monsieur Asselineau)

Il serait pourtant simple et aisé de faire de la politique pour coïncider avec notre nature d’êtres naturels. Mais … Qui peut faire. ÇA ? Ben … nous ! Vous, moi, et tout le monde. Sinon, que nous dégagions tous, puisque nous n’aimons pas ce pays et ses occupants*. Ni aucun autre d’ailleurs puisque nous venons de partout !! Comment rendre possible l’avènement d’une telle société ? En participant massivement à toutes les élections et en choisissant des candidats propres, nets, francs, directs, conséquents. En un mot : naturels. Pas des girouettes télécommandables, des amphibiens à moustaches réversibles, des caméléons à poils radioactifs ... C’est de cela que pourrait nous parler le mouvement des Gilets Jaunes ... Comme tout le monde, leurs boîtes noires perso leur soufflent qu’ils aspirent à un mieux-être partagé. Un mieux vivre garanti. Des élus intègres.



Une anecdote pour illustrer notre appartenance à l’espèce des porteurs de containers non indentifiés.
Vendredi 29 août 2014 (quatorze ans après la version initiale de cette réflexion), Vandoeuvre**, dans une poussette sur la voie publique un enfant pleure à chaudes larmes ; comme seul un jeune enfant sait encore pleurer, sans façons. L’adulte qui le pousse : « Si ça continue, je jure que ce sera dodo … » Réaction apeurée de l’enfant : « Non, pas dodo ». « Alors tais-toi ». Alors l’enfant a étouffé ses pleurs. Pas un son n’est plus sorti de sa gorge. Comme la pression d’un doigt sur un interrupteur interrompt la rotation du moteur d’une centrifugeuse ; ou plonge une salle dans le noir. A quoi servirait d’accabler l’adulte qui maltraite ainsi l’enfant ? C’est quand il était lui-même enfant qu’il fallait lui éviter de tresser ses propres câbles mentaux, de verrouiller ses cadenas sub-cérébraux ; et l’aider à les défaire quand ils se manifestent. Ensemencé de menaces, abreuvé de menaces, dorloté aux menaces (si tu es gentil …), un enfant ne peut entendre, produire et donner que de la peur et de la menace. Ainsi peut-on grandir sans jamais savoir qui l’on est, n’ayant pas eu l’occasion de naître à soi-même tel que notre nature nous a conçus : pour vivre en harmonie avec notre environnement. Non, ça n’est pas de la psychologie (lisez « Eloge de la fuite » de Henri LABORIT, spécialiste du fonctionnement du cerveau en milieu social).

* http://www.alterinfo.net/LA-FRANCE-ON-L-AIME-OU-ON-DEGAGE_a143072.html
** Je donne cette précision pour ancrer la situation dans le réel, pas pour stigmatiser un quartier populaire. Des « catégories » moins populaires en font autant sinon plus. Bien plus parce que, à défaut d’exposer les plumes représentatives de sa clââsse, on ne se sent pas être. Comme tout Macron en puissance … (Homotransexuabilis p 89)


Commentaires (0)
Nouveau commentaire :



Alter Info apa
Journal d'opinion en ligne
ISSN n° 1773-0163 / CNIL n° 1070854.
Agence de presse associative
TI de Mulhouse sous les références : Volume LXXXIII (83) Folio n°73